Le pensionnat des innocentes / Angela Marsons

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Le pensionnat des innocentes  - Angela Marsons  Le pensionnat des innocentes / Angela Marsons. Traduit de l’anglais (Grande-Bretagne) par Valérie Bourgeois. Editions France Loisirs, 2017. 471 pages.

En pleine nuit, cinq individus scellent un pacte au-dessus de la tombe qu’ils viennent de creuser. De nos jours. Kim Stone, inspectrice au tempérament rebelle et solitaire, se voit confier une nouvelle enquête. Teresa Wyatt, directrice d’école, a été retrouvée noyée dans sa baignoire. Peu de temps avant sa mort, elle s’était intéressée à une fouille archéologique prévue autour d’un foyer d’accueil où elle avait travaillé avant que le lieu ne soit entièrement détruit par les flammes. Un autre employé du foyer est à son tour retrouvé assassiné. Kim, qui a connu enfant l’assistance publique, est profondément impliquée dans cette enquête. Au mépris des procédures, elle demande aux archéologues de commencer leurs fouilles : plusieurs squelettes sont retrouvés…

Angela Marsons nous propose de suivre le travail et la vie de son enquêtrice Kim Stone et de son équipe. Parfois brute de décoffrage, un peu trop directe pour sa hiérarchie, Kim Stone n’en obtient pas moins des résultats probants, n’hésitant pas à damer le pion à ses collègues masculins qu’elle juge parfois par trop carriériste. Cette enquête va être pour elle, comme pour nous, l’occasion de nous plonger dans son enfance : elle a connu les familles d’accueil et les pensionnats d’enfants d’où sa connaissance de ce style d’établissement lorsque l’on découvre plusieurs squelettes dans le parc d’un de ces ancien lieux.

L’auteur joue adroitement des réminiscences diffuses de Kim Stone mais également des différents protagonistes qu’elle croise directement ou indirectement (cf la recherche de son enquêtrice sur les réseaux sociaux). Moderne, plus humaine que les personnes en dehors de son équipe ne se l’imagine, elle va où son instinct la pousse tout en n’omettant ni les anciennes techniques policières : porte à porte, interrogatoires, ou plus modernes et liées à l’usage d’Internet. Avec cette équipe moderne, l’auteur nous plonge au coeur du West Midlands (Birmingham, Dudley, Stratford-upon-Avon) avec les soubresauts de la vie économique.

Bien menée, liée à des enquêteurs que l’on découvre humains et intéressés par leur métier, cette enquête se lit d’une traite. A découvrir et à confirmer.

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Le Chinois / Henning Mankell

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Henning Mankell - Le Chinois.Le Chinois / Henning Mankell. Traduit du suédois par Rémi Cassaigne. Points,2013.

Une tache écarlate sur la neige. Plus loin, une jambe… En tout, dix-neuf personnes massacrées à l’arme blanche à Hesjövallen. Selon les médias, un psychopathe a frappé. Pour la juge Birgitta Roslin, tout est trop bien organisé. Sa seule piste: un ruban rouge chinois. Indice qui la mène jusqu’à Pékin, dans les familles des émigrés du siècle dernier. Les humiliés auraient-ils pris leur revanche ?

Je m’attendais à retrouver le commissaire Wallander mais connaissant mal la bibliographie d’Henning Mankell, je l’ai attendu en vain :). Du coup est-ce pour cela que j’ai trouvé cette histoire assez déroutante, ou à cause du traitement de l’ouvrage qui nous promène entre le XXème siècle et la fin du XIXème, de la Suède, en passant par la Chine ou les Etats Unis ? Je ne sais pas mais en dépit de tout cela, l’auteur m’a permis de découvrir cette traite inhumaine, et comme toujours la folie humaine qui pousse certains à humilier les plus humbles que soi. En nous emmenant en Chine, Henning Mankell montre également des facettes bien moins communistes que les images de façade. Dans ce pays comme partout, l’argent reste le maître absolu, saupoudré de la peur et de la force des autorités que les résidents et que notre juge va rencontrer dans une moindre mesure au cours d’un de ces voyages.

Cette juge permet également à l’auteur de nous montrer l’envers du décor dans ce milieu méconnu en France et encore plus étranger s’agissant du modèle suédois. L’héroïne n’en reste pas moins femme, mère et les années passant, les interrogations se succèdent. A priori je n’ai pas vu d’autres romans consacrés à cette juge et les interrogations demeurent sur la manière dont il aurait pu faire évoluer ce personnage, et quel type d’enquêtes elle aurait pu être mêlée.

L’avis d’un lecteur plus connaisseur que moi concernant l’auteur et son oeuvre.

Hillbilly élégie / James David Vance

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James-David Vance - Hillbilly élégie.

Hillbilly élégie / J.D. Vance. Traduit de l’anglais (américain) par Vincent Raynaud/ Globe, 2017. 288 pages.

Dans ce récit à la fois personnel et politique, J.D. Vance raconte son enfance chaotique dans les Appalaches, cette immense région des Etats-Unis qui a vu l’industrie du charbon et de la métallurgie péricliter. Il décrit avec humanité et bienveillance la rude vie de ces « petits Blancs » du Midwest que l’on dit xénophobes et qui ont voté pour Donald Trump. Roman autobiographique, roman d’un transfuge, Hillbilly Elégie nous fait entendre la voix d’une classe désillusionnée et pose des questions essentielles.
Comment peut-on ne pas manger à sa faim dans le pays le plus riche du monde ? Comment l’Amérique démocrate, ouvrière et digne est-elle devenue républicaine, pauvre et pleine de rancune ?

Honte à moi de ne pas vous avoir parlé plus tôt de cet ouvrage que j’ai trouvé passionnant. Semi autobiographique tout en s’appuyant sur des données sociologiques afin d’appuyer son propos, son histoire. Si J.D. Vance donne une large place à ses grands-parents, pivot de son éducation mais également bouée de ses errances comme de celles de ses proches, il ne cache rien de leurs propres travers et de ce monde à part. A travers ce qu’il raconte, et en dépit de  cet univers très américain, j’ai retrouvé des éléments peu positifs de la France, de nos campagnes ou de la pensée de villes moins importantes, d’une certaine volonté chez les jeunes (ou moins jeunes) qui préfèrent ne pas se lever / ou l’absence de ponctualité, qui se trouvent des excuses, qui trouvent le travail trop dur / sale / pas assez ceci ou cela. En écrivant cela, en le pensant j’ai l’impression d’être un vieux schnock vous disant « c’était mieux avant », mais je ne fais que constater avec le monde du travail que certains semblent vivre dans le monde des feuilletons ou des publicités ou attendent simplement d’être assistés par leur famille ou l’état. Et cela n’est pas qu’une question d’âge si j’en crois mon expérience. J.D. Vance nous le prouve lui-aussi. Comme moi ils parlent de ses expériences (même s’il affiche une 30aine d’années).

En nous narrant sa famille, c’est presque une tranche d’histoire qu’il nous donne à lire. Certains stéréotypes sont bien là, mais d’autres faits sont réellement prenants et explicites. Bref je n’ai pas été totalement dépaysée en lisant ce presque roman / documentaire mais ainsi que je le mentionnais, j’ai réellement eu la sensation de lire des faits, des statistiques concernant la France. Comment puis-je établir des parallèles entre un pays européen si différent de ce territoire si vaste et si distinct par sa culture ? Sans doute, la politique répond-elle le mieux à cela lorsque l’on voit l’élection de Trump ou que le parti d’extrême droite a atteint le second tour de la présidentielle et des scores plus hauts que des parties traditionnels en France.

Des solutions sont proposées par l’auteur, mais reste à savoir ce que nous souhaitons faire réellement de nos pays. Je ne peux que vous inviter à découvrir « Hillbily Elegy » si ce n’est pas encore fait, et comme mentionné vous aurez parfois la sensation de vivre du quotidien.

D’autres avis : l’article élogieux de Brice Couturier, ou celui de Lucie Robequain dans les Echos qui m’avait fait m’intéresser à ce roman avant sa traduction.

Les gens de Mogador / Elizabeth Barbier

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Les Gens de Mogador : AfficheRésultat de recherche d'images pour "es gens de mogador"

Les gens de Mogador. 1. Julia. 2. Ludivine. 3. Dominique / Elizabeth Barbier. Livre de Poche 6 volumes.

Voici des années que j’entendais parler de cette saga adaptée pour la télévision et qui semblait une référence. J’ai découvert que sa diffusion avait commencé l’année de ma naissance (ce qui ne nous rajeunit pas mais explique pourquoi je ne l’ai jamais vu même si elle a été rediffusée dans les années 90). Révolutionnaire pour l’époque car en couleurs et parce qu’elle a mis en lumière 3 actrices dont le nom est resté dans les mémoires des gens de cette génération et de la mienne. Par curiosité, une fois ma lecture achevée j’ai jeté un coup d’oeil au premier épisode et je comprends en partie la réaction de l’auteur cf le choix de l’actrice pour Julia, décrite comme un tout petit bout de femme et qui se révèle quasi aussi grande que son futur époux.

Mais là n’est pas le plus essentiel. Son succès est sans nul doute lié à la grande saga familiale que l’auteur a voulu rendre, relatant entre le Second Empire et la Seconde Guerre Mondiale, la vie d’une famille et de sa propriété familiale (lieu imaginaire) : Mogador. Amours, guerres, jalousies, maladies, amours contrariés et bonheurs illustrent la vie sur 3 générations et la vie de 3 femmes de têtes mais avant tout des amoureuses passionnées jusqu’à aller contre la volonté du père pour Julia, la jalousie pour Ludivine et un amour adultère pour Dominique.

Au fil des pages et du temps qui passe on découvre le quotidien de ces familles, propriétaires terriens, des événements politiques, économiques, des changements de moeurs (à toutes petites touches), l’impact de tout cela : tenue vestimentaire, coiffures, voitures attelées puis à moteur, chauffage central !

Si le personnage de Ludivine est moins attachant à mes yeux, il est selon moi surprenant, car il décrit une femme jalouse à l’extrême, même du temps que son époux peut consacrer à ses enfants. Sans le dire, il décrit une femme dont la fibre maternelle est totalement inexistante (je trouve cela très moderne pour un livre d’une 50aine d’années), qui procrée parce que c’est ce que l’on attend d’elle, l’obligation de donner un héritier à son époux et à cette famille.

Dominique si moderne soit-elle dans son choix de vie : indépendance, passion adultère avec son cousin, reste, à mes yeux, une femme soumise cf sa dépendance vis à vis de cet homme qu’elle aime à la folie et qui lui fait perdre une partie de son univers. Cela semble bien peu moderne mais reste encore toujours d’actualité aujourd’hui et cela me semble intéressant par la mise en abîme des sentiments éprouvés par son oncle vis à vis de sa propre mère.

Alors oui je suis heureuse d’avoir achevé cette saga, car je connais désormais les tenants et aboutissants et, comme mentionnée, si des propos sont modernes et intéressants, j’ai néanmoins été ravie de terminer le dernier volume car cette dépendance amoureuse (en dépit de leurs accès de rébellion, d’une forme d’autonomie pour chacune, ne serait ce que par leur choix de partenaires), de la femme vis à vis de l’homme, commençait à me peser et, mon esprit indépendant et XXIème siècle n’y est sans doute pas étranger.

Morwenna avait davantage vibré à sa lecture.

Depuis le temps de vos pères / Dan Waddell

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Dan Waddell - Depuis le temps de vos pères.Depuis le temps de vos pères / Dan Waddell. Traduit de l’angalis par Jean-René Dastugue. Actes Sud, 2013 (Babel Noir).

Tout juste remis d’une enquête qui a manqué lui coûter la vie, l’inspecteur Grant Foster réintègre la Criminelle de Londres lorsque Katie Drake, actrice de théâtre sur le déclin, est retrouvée morte dans le jardin de sa propriété londonienne. Sa fille de quatorze ans, Naomi, est introuvable. Mais difficile de progresser quand la victime semble avoir coupé tout lien avec son passé. Une seule piste : un cheveu retrouvé sur le corps.
Lorsque les résultats des analyses ADN révèlent qu’il appartient à un parent de Katie Drake, Foster décide de faire appel au généalogiste Nigel Barnes pour tenter de retracer l’histoire familiale de la défunte. Barnes parvient à retrouver certains parents éloignés en remontant jusqu’en 1891, mais il semble impossible de pousser plus loin les recherches. Pourtant, il faut briser rapidement la malédiction qui frappe cette lignée.
Des vies sont en jeu. L’Eglise des Mormons est manifestement liée à l’affaire et entend protéger ses secrets de famille. A Salt Lake City, les enquêteurs plongent au coeur des archives colossales de la communauté pour découvrir une congrégation aux pratiques redoutables et comprendre pourquoi le dogme “Jusqu’à ce que la mort nous sépare” n’existe pas pour ses disciples. Ils ne font qu’obéir aux commandements. Aussi sanglants soient-ils.

J’étais certaine de vous avoir parlé ici de ‘Code 1879″ qui m’avait scotché, mais il semble, une nouvelle fois, que mon retard de billets soit aussi vertigineux que les piles de livres qui m’attendent. J’avais compris que cet opus était beaucoup moins bon que le premier mais je me suis laissée néanmoins tentée. – Je viens également de lire qu’il existait des détracteurs quant au dernier volume paru. –

S’il n’y a plus la même surprise, dû en grande partie à la nouveauté : personnages, méthodologie de l’enquête comme de la thématique, je me suis néanmoins laissée prendre par ma lecture. Je ne me souviens pas si dans le premier opus, l’auteur nous donnait des clés parallèles en nous narrant des faits anciens mais c’est le cas ici. S’ils ne nous éclairent pas totalement quant au dénouement de l’affaire qui intéresse Foster, cela donne aux lecteurs quelques pistes de réflexions. Sans avoir lu la 4ème de couverture, l’évidence des mormons et de leur archives comme de personnes ayant voulu disparaître en changeant de pays et/ ou de noms m’ont rapidement traversé l’esprit.

L’atout majeur de cette saga, comme souvent, est l’attachement du lecteur envers les protagonistes de l’histoire. Foster est à la fois la pierre angulaire, mais également celui dont les faiblesses sont parmi les plus intéressantes. Nigel Barnes en présente d’autres dont une certaine forme d’inadaptation à notre siècle mais il reste intéressant par ses choix de vie et sa passion/ profession. Une passion qu’il met au service des enquêtes de Forster (et qui lui ont permis de lui sauver la vie dans le 1er volume) et mettent en lumière la généalogie, les enquêtes papiers mais aussi l’ADN etc.

Comme d’habitude, vous pouvez lire des avis négatifs ou un peu moins positifs, mais le seul moyen de savoir et de lire et de vous faire votre propre avis. Vive la lecture !

Les vies privées de Pippa Lee / Rebecca Miller

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Rebecca Miller - Les vies privées de Pippa Lee.

Les vies privées de Pippa Lee / Rebecca Miller. Traduit de l’anglais (Etats-Unis par Cécile Deniard). Seuil, 2009. 290 pages

A cinquante ans, Pippa Lee apparaît à tous ceux qui la connaissent comme « une des dames les plus charmantes, les plus gentilles, les plus adorables, les plus simples et les plus rassurantes qu’ils aient jamais vues ». Épouse parfaite, mère dévouée, hôtesse accomplie et sereine, elle semble avoir tout pour être heureuse. Mais lorsqu’elle et Herb, son mari octogénaire, quittent New York pour s’installer dans une luxueuse banlieue pour retraités, cette belle façade se fissure. Sa sensualité mise en sommeil se réveille et remonte à la surface un passé mystérieux et trouble, fait de rébellion, de passions et de déchirements – un passé dont elle a laissé loin derrière elle les excès et les dangers pour le confort du mariage mais qui la rattrape inexorablement… Les Vies privées de Pippa Lee,  » roman à énigme psychologique « , explore avec finesse le labyrinthe intime d’une femme en quête de sa véritable identité, écartelée entre son désir de sécurité affective et son aspiration à la liberté. Dans la veine des Corrections de Jonathan Franzen, ce roman dénonce avec drôlerie et lucidité les maladies de l’Amérique, son instrumentalisation de la femme, son culte du succès, du bonheur, et les hypocrisies que tout cela recouvre.

Je me souviens avoir vu l’adaptation de ce roman (par son auteur) à sa sortie et ne pas en avoir conservé un souvenir démentiel. Le livre entre les mains je ne savais pas pourquoi ce titre me disait quelque chose mais en le reprenant pour enfin le lire, la lecture de la 4ème de couverture m’a fait me souvenir de cette séance et je suis partie avec un a priori, craignant de m’ennuyer. Et bien, pas du tout.

Même si toutes les clés ne sont pas plus dans ces pages que dans sa version filmée, je dois avouer que cela m’a permis de me pencher sur les relations mères-filles, sur la place de la femme dans la société (oui les choses évoluent mais,… la place de la mère reste ce qu’il est, celui de la femme également…). Que faire quand vous n’avez pas une passion, n’êtes pas une artiste et que vous continuez à chercher votre place ? Pour Pippa Lee, après pas mal de ce que certains verront comme des errances, de fuites, d’une simple quête du bonheur, sa place de femme de, mère et ménagère accomplie semble être SON idéal, ou peut-être simplement l’image qu’elle souhaite donner à tous alors qu’on la découvre avide de nonchalance ou d’observation de la nature (réelle ou humaine). Mais Pippa estime qu’elle doit poursuivre sa route en vaillant petit soldat, même si le choix de vie de son mari Herb : une cité de personnages âgés la laisse « sans voix ».

A son corps défendant Pippa cherche à se rebeller tout en essayant de poursuivre l’existence avec Herb et de comprendre ses erreurs et sa non relation avec sa fille. Si son mari semble au bout du chemin c’est pourtant elle qui mène une introspection sur elle-même et nous narre son passé, ses propres relations familiales et ses prises de psychotropes avant sa rencontre avec Herb.

On découvre une Pippa bourgeoise et sage avant de découvrir une enfance soumise à une mère dépressive et dépendante, avant qu’elle ne décide de prendre la vie à bras le corps, plongeant elle aussi dans différents trips des petites pilules. La douce et passive Pippa va vous surprendre par ses dernières décisions.

J’aime particulièrement cette dernière phrase dans la bouche de sa fille qui traduit bien la situation de nombreuses femmes :« Elle nous a consacré la moitié de sa vie. (…) Tu ne penses pas qu’elle mérite des vacances »

Crépuscule d’acier / Charles Stross

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Crépuscule d’acier / Charles Stross. Traduit de l’anglais par Xavier Spinat. Mnémos, 2006. 420 pages

Nouvelle République, planète plutôt arriérée et en tout cas coincée côté culture pour ce XXVe siècle, subit l’invasion du Festival. Le Festival est une société galactiquement itinérante post-Singularité. Elle fait pleuvoir sur Nouvelle République une nuée de téléphones qui ne disent qu’une chose :  » Bonjour. Tu veux bien nous distraire ?  » De la réponse dépend la récompense. Ainsi, des armes. Il n’en faut pas plus pour déclencher la Révolution. Et pour conduire les autorités à imaginer pour la vaincre de remonter le temps. Et risquer l’anéantissement de cette partie de la Galaxie, car l’Eschaton déteste qu’on touche à son histoire. C’est qui, l’Eschaton ? Charles Stross est le plus prometteur et le plus déjanté des nouveaux venus sur la scène de la science-fiction. Crépuscule d’acier a manqué de peu le prix Hugo 2004.

Dans son billet, Chiffonnette évoquait ses froncements de sourcils et ses maiskeskyracontejcomprendsrien qui ne l’avaient pourtant pas empêché de ne pas bouder son plaisir. En ce qui me concerne, certains laïus et autres discussions pseudo militaire et technique m’ont totalement laissé de côté. Du coup, je ne suis jamais parvenue à entrer totalement dans ce roman et j’ai réellement dû batailler pour le terminer  – ce qui aurait été fort dommage car les ultimes chapitres ont trouvé grâce à mes yeux -.

Me voilà désenchantée et bien gênée pour vous rédiger quelques lignes car dans ce roman tout n’est pas à jeter, ne serait-ce que les thématiques. S’il date d’il y a 10 ans pour la traduction française, l’ouvrage est en avance en matière d’Intelligence Artificielle, de l’usage de la téléphonie et d’une société avide, d’une certaine manière, de consommation. L’image de vie idéale n’est pas semblable selon la catégorie sociale de tout un chacun (allant d’un simple repas chaud, à des amis, ou un animal qui pond des oeufs en or et se transforme en une bombe à retardement car gorgé de radiations et autre), de ses aspirations : les révolutionnaires de cette colonie, Rochard, qui pensent qu’en prenant le pouvoir ils vont réussir à transformer un pays. Les idéaux des uns et des autres se voient vite bouleversés par ce Festival qui porte, en partie, bien son nom, et leur suite, les marchands, juste évoqués, ne semblent guère une sinécure.

Charles Stross semble prendre un malin plaisir à dénigrer les militaires qui oublient de réfléchir, trop prompts à suivre des manuels. Quant à nombre des révolutionnaires, une fois les armes à la main ils ne valent guère mieux.

Bref, ainsi que je le disais si vous parvenez à aller au-delà de passages particulièrement pesants (et rébarbatifs), il est fort à parier que, comme, bon nombre de lecteurs vous trouverez votre bonheur à la lecture de ce roman non dénué d’humour, de clins d’oeils et de réalisme par bien des aspects. Comme souvent seul votre propre regard vous permettra de vous faire votre avis. Difficile pour moi d’envisager d’ouvrir un autre épisode des aventures de Rachel Mansour.

Un été prodigue / Barbara Kingsolver

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Barbara Kingsolver et Barbara Kingsolver - Un Été prodigue.Un été prodigue / Barbara Kingsolver. Roman traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Guillemette Belleteste. Rivages Poche, 2014. 559 pages.

Dans le décor sauvage et grandiose des Appalaches, Un été prodigue tisse trois histoires de femmes. Celle de Deanna, employée par l’office des forêts, dont la solitude va être bouleversée par l’arrivée d’un jeune chasseur. Celle de Lusa, une intellectuelle qui, devenue veuve, décide de rester dans la vallée et de gagner le coeur d’une famille hostile.
Celle de Nannie, enfin, dont les opinions en matière de religion ou de pesticides suscitent des querelles de voisinage. Dans ce roman foisonnant et généreux, Barbara Kingsolver traite du thème qui lui est le plus cher – le respect de la nature – avec un charme et une grâce qui suscitent l’enthousiasme.

Alors que j’allais rédiger ce billet je suis allée lire celui de Karine et même si mon ressenti général n’est pas le même concernant les personnages j’ai eu également la même impression concernant Deanna. J’allais vous dire en guise d’introduction que j’avais eu bien du mal à entrer dans ce bouquin car le roman s’ouvre en sa compagnie et franchement,  sa personnalité, sa volonté de s’isoler ainsi ne m’intéressait guère. Quant à certains passages rédigés par Barbara Kingsolver, qui se retrouvent souvent dans la bouche de Deanna et bien, ils me lassaient parfois. J’attendais avec beaucoup plus d’impatience les chapitres consacrés à Lusa ou aux querelles de Nannie et Garnett.

Bref en dépit de ces défauts, j’ai poursuivi ma lecture avec enthousiasme, afin de découvrir la vie de ces femmes. Bien entendu 3 d’entre elles sont mises en avant, mais c’est toute une communauté féminine qui tournoient autour d’elles et particulièrement de Lusa. Deanna, Lusa et Nannie sont 3 femmes à différents âges de la vie, qui se trouvent confronté à la solitude volontairement ou pas. Indépendantes et cultivées elles font des choix de vie et nous allons découvrir au fil des pages non seulement une ode à la nature de par leurs professions respectives mais également les vies passées de ces femmes. Les liens entre elles sont beaucoup plus fins que les apparences le laissent supposer.

Lusa est particulièrement attachante par son origine multiethnique, la musicalité des langues et les odeurs des repas de fêtes qu’elle narre. Elle n’est pas seulement attachée à la nature, au plaisir de la découverte des insectes (dont elle est spécialiste), mais également à tout ce qui l’entoure. C’est cet ensemble qui fait d’elle un personnage prenant et attachant. Ajoutons à cela son histoire personnelle passé et présente. Cette femme prend les choses à bras le corps, n’ayant plus d’autres choix d’une certaine manière. Elle redécouvre la campagne, elle, la fille de la ville et comprend pertinemment que chaque saison sera une lutte permanente pour vivre. Alors bien entendu certains n’y verront que de l’idéalisme, mais la lecture faite de personnage si « vivant » rende les livres plus attachants.

Pour en revenir à l’avis de Karine et sur le fait que l’auteur en fait peut-être un peu trop, le sujet de thèse de Deanna sont les coyotes et j’ai découvert que les femelles sont fort indépendantes à l’image des 3 portraits de cet ouvrage. Volonté ou non de la part de l’auteur d’appuyer encore un peu plus sur ses deux thèmes, je ne sais.

Les avis de Clochette et Karine

Sherlock, Lupin et moi / Irène Adler

Irene Adler - Sherlock, Lupin et moi Tome 1 : Le Mystère de la dame en noir.

Sherlock, Lupin et moi. 1. Le mystère de la dame en noir / Irène Adler*. Traduit de l’italien par Béatrice Didiot. Editions France Loisirs, 2017. 265 pages

Eté 1870, Sherlock Holmes, Arsène Lupin et Irene Adler font connaissance à Saint-Malo. Les trois amis espèrent profiter de leurs vacances en bord de mer, mais le destin en a décidé autrement. Un corps s’est échoué sur une plage voisine et les trois camarades se retrouvent au beau milieu d’une enquête criminelle. Un collier de diamants a disparu, le mort semble avoir deux identités et une sombre silhouette rôde, la nuit, sur les toits de la ville.
Trois détectives ne seront pas de trop pour résoudre l’énigme de Saint-Malo !

L’idée n’est pas nouvelle, mais elle est menée avec assez de brio pour la rendre crédible : prendre 3 personnages de fictions et nous plonger dans leur enfance et, en l’occurrence, dans leur rencontre afin d’aller à leur rencontre, de les découvrir sous une autre facette, tout en nous proposant une enquête criminelle.

Ce n’est pas la seule raison pour laquelle ce roman m’a plu. Il se déroule à Saint-Malo, cité que j’affectionne particulièrement pour sa beauté et son style. En nous plongeant dans la fin du XIXème siècle, les atouts s’ajoutent à ceux des protagonistes, en la personne de cette cité et des facettes qu’elle propose : ses remparts, la plage, les îles toutes proches mais également le charme un peu suranné de la période : les lieux de villégiatures, la bienséance, la maréchaussée et les petits truands pour ne citer que ces éléments.

Je ne me faisais néanmoins peu d’illusions quant au contenu mais je dois avouer que les auteurs savent avec brio nous distiller des informations concernant ces 3 jeunes gens, sur leurs caractères déjà bien définis et leurs conditions familiales aux uns et aux autres. Ils laissent en suspens des interrogations concernant ces jeunes gens comme leurs familles, tout en menant de main de maître la résolution de l’énigme qui se présentent à eux. L’histoire n’est pas niaise et se tient.

Un bon opus qui donne envie de découvrir les autres titres proposés.

 

*Brisons le secret : Pierdomenico Baccalario et Alessandro Gatti

Le gang des rêves / Luca di Fulvio

Luca Di Fulvio - Le Gang des rêves.Le gang des rêves / Luca di Fulvio. Traduit de l’Italien par Elsa Damien. Editions France Loisirs, 2017. 718 pages.

New York ! En ces tumultueuses années 1920, pour des milliers d’Européens, la ville est synonyme de  » rêve américain « . C’est le cas pour Cetta Luminata, une Italienne qui, du haut de son jeune âge, compte bien se tailler une place au soleil avec Christmas, son fils. Dans une cité en plein essor où la radio débute à peine et le cinéma se met à parler, Christmas grandit entre gangs adverses, violence et pauvreté, avec ses rêves et sa gouaille comme planche de salut.
L’espoir d’une nouvelle existence s’esquisse lorsqu’il rencontre la belle et riche Ruth. Et si, à ses côtés, Christmas trouvait la liberté, et dans ses bras, l’amour ?

Apre, parfois cru mais aux intonations véridiques, et se posant à un tournant des Etats-Unis. Voilà comment je pourrais vous résumer ce roman en une phrase. Cela ne vous direz rien sur le contenu mais peut-être que la curiosité n’en serait elle que plus forte. Pas certaine, alors je vous en dis un peu plus que ce que la 4ème de couverture évoque.

Nous allons suivre une 20aine d’années de la vie de Cetta, jeune italienne, mère de Christmas, né d’un viol. Femme-enfant courage elle prend l’existence à bras le corps et décide de partir pour les Etats-Unis. En quelques chapitres introductifs, la force et la volonté de cette jeune fille explose, mais cela n’est rien par rapport à ce qui va suivre. A travers elle puis son fils, Luca di Fulvio nous narre les années 20, la prostitution, les émigrés, les ghettos italiens, juifs, noirs… mais surtout la mainmise des gangsters. En abîme de prime abord, bien qu’ils fassent partie intégrale du quotidien de Cetta pour des raisons que je vous laisse découvrir, ils vont bercer son fils qui, bien qu’averti de la perversion du milieu, de l’argent facile et de la mort qui l’attend va parfois frayer avec eux.

Christmas se rêvait différent, américain comme sa mère lui a toujours dit, mais la société, les différences de religion, économique lui sautent au visage. Sa « rencontre  » avec Ruth va le faire basculer dans l’horreur, dans l’amour, dans un monde qui lui est étranger. Fort de ses rêves, porté par la foi de sa mère et par sa diatribe, il va néanmoins poursuivre son chemin, ses rêves/

Ce sont ses différents personnages, milieux qui font la richesse du roman qui nous entraîne dans ces années 20, une époque de tournant au niveau des divertissements : le cinéma et Los Angeles explose ; le passage au parlant va tout renverser. La radio, la quête de nouveaux programmes également. Les deux villes : New York et Los Angeles se répondent par leurs bas fonds : gangs d’un côté, usine à rêves peuplée d’alcools de drogues et de violence toujours plus extrêmes.

On s’attache aux personnages, et on se dit qu’il ne peut rien leur arriver, au moins pas la mort, au vu des épreuves qu’ils ont déjà traversé, mais vu le sadisme de larrons toujours visibles, le questionnement n’est jamais loin. Prenant, ce roman se laisse dévorer et nous renvoie à notre époque et à l’actualité : puissance, agressions sexuelles, divertissements, notre monde ne change guère même si l’espoir et un regard différent (via le prisme de la photographie notamment) peut tout changer. Par ses principaux et secondaires, l’auteur tisse une toile qui nous retient et nous fait poursuivre notre lecture, abandonnant les pages les plus dures.