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La traversée du Louvre / David Prudhomme. Futuropolis, Musée du Louvre, 2012. 74 pages.

David Prudhomme déambule dans les galeries du musée du Louvre. Son regard embrasse les œuvres exposées, autant de chefs-d’œuvre proposés dans un espace ordonné et pensé avec soin. 35 000 œuvres côtoient ainsi les quelque dizaines de milliers de visiteurs journaliers. Car le regard de David ne se pose pas uniquement sur les tableaux, sculptures ou objets du musée… mais aussi sur leurs spectateurs. Le voilà qui observe l’étrange ballet muet qui se tisse entre les œuvres et leurs visiteurs.
Couple enlacé devant Le radeau de la Méduse, homme solitaire happé dans la contemplation du scribe accroupi ou groupes agglutinés devant la Joconde, rien n’échappe au pinceau alerte de David Prudhomme, qui saisit sur le vif les attitudes des uns et des autres devant l’Art… Car combien de musées, comme le Louvre, permettent à autant de gens d’horizons si différents de se retrouver dans le même désir de se cultiver ?

Bien embêtée pour vous chroniquer cette superbe BD car je dois avouer que je suis absolument nulle en dessin et que j’ai une nette préférence pour la ligne claire (un dessin simple, destiné aux enfants selon certains). Alors j’ai beau essayer de sortir de mon cadre habituel, il m’est toujours difficile d’appréhender un autre style. Néanmoins, cette BD m’a fait de l’oeil, je la voyais un peu comme un pendant à celle de Davodeau « Le chien qui louche » dont Le Louvre était un acteur essentiel. Et j’y ai retrouvé bon nombre de sensations, de relations, bien que ces BDs soient totalement différentes.

J’aime cette mise en abîme du dessinateur dans sa BD, comme j’aime son regard sur les oeuvres et les personnes qui vont et viennent dans ce musée. A la manière des visiteurs dont un 3ème oeil s’est greffé (présence des appareils photos sous différentes formes)Résultat de recherche d'images pour ""la traversée du Louvre" prudhomme", David Prudhomme lui, semble voir le musée à travers les cases de sa BD, un regard pour une case qu’il nous rend drôle, sensible, vrai. Montrant à la fois les différentes facettes et salles du musée, la façon dont tout un chacun vit cette visite. Il rend le ton juste de tous ses passants d’une minute (vite une photo avec la Joconde), avant de poursuivre au pas de course la visite du musée, de tout voir (impossible !), de conserver des souvenirs via des photos / portraits, de style : pose en symbiose avec l’oeuvre, ou voulu comme telle. Parfois il n’y a que lui et son art pour voir les choses ainsi et il sait à merveille nous le restituer via ses dessins (l’exemple trouvé n’est pas celui auquel je pensais, mais cela vous donne une petite idée, de la vision et de l’imagination du dessinateur). Une visite / traversée du Louvre certainement différente de celle à laquelle vous vous attendiez et un regard un brin impertinent sur la relation  de l’homme et des oeuvres à travers les âges. Et lorsque vous sortirez du musée, à l’image de David Prudhomme d’autres images se fixeront sur votre rétine. Je vous laisse découvrir lesquelles, mais sans doute les voyez-vous déjà…

 

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Et dire qu’il y a 20 ans, cette Dentelière était dans une micro salle (un couloir), pas tous les jours ouverte au public et, qu’il n’y avait jamais personne.

You-ou retournez-vous, le tableau derrière vous est beaucoup plus intéressant (à mes yeux) : Les noces de Cana.

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