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Le dernier arpenteur des sables / Jay Hosler. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Adèle Carasso. Editions Cambourakis, 2015. 319 pages.

Un petit groupe d’intrépides scientifiques s’apprête à quitter Coleopolis à la recherche de nouvelles formes de vie. Menée par Lucy, coléoptère refusant de soumettre sa soif de connaissance aux dogmes prêchés depuis des années par les autorités de la cité, l’expédition n’est pas du goût de tout le monde. Le machiavélique professeur Owen est prêt à tout pour s’approprier et falsifier les résultats de l’incroyable découverte bientôt faîte par Lucy. Le monde est bien plus grand et riche qu’on ne l’enseigne à Coleopolis, l’histoire et la science officielles pourraient bien s’en trouver ébranlées à tout jamais.

Une BD en noir et blanc prise un peu au hasard car je n’en avais jamais entendu parler et, réellement, une excellente surprise. Il est certain que je m’interrogeais : comment l’auteur allait-il me rendre intéressante une histoire d’insectes ? Non ce n’est pas une histoire de Maya l’abeille, à la sauce coléoptère, mais un récit fouillé, imaginatif et qui tient la route. Jay Holser rend hommage à des films, des auteurs, des scientifiques etc, mais sans que cela soit pesant, en poursuivant son histoire tout en faisant quelques clin d’oeils. Ceci est une sorte de pendant de la conquête spatiale pour l’homme, mais au niveau de la terre pour ces insectes dont nous ignorons pour la plupart l’existence où que nous connaissons si mal.

La narration tourne autour de 6 personnages, incluant le méchant de l’histoire : le professeur Owen. Au fil des pages, et de l’exploration qui se déroule tout d’abord dans le désert, puis dans un espace fort lointain (lié aux actes malveillants du professeur Owen), nous en apprendrons davantage sur chacun d’entre eux, sur leur place dans la cité de Coleopolis, mais également sur les dogmes des dirigeants de cet univers. Nos héros ne sont pas avares d’erreurs, d’ignorance et de caractères bien trempés, ce qui agrémentent cette histoire et nous permet de découvrir un monde ignoré de ces êtres minuscules : oiseau, coccinelle, araignée, serpent, fourmi etc et même  ces Chroma-gnons qui resteront une chimère pour Lucy. Un autre monde à explorer mais qui se situe à une taille telle qu’il serait difficile à l’auteur de nous en rendre compte.

Un bon moment de lecture qui prouve que la réflexion et la cohésion de groupe font la force.

Un avis, celui des Buveurs d’encre

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