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Crépuscule d’acier / Charles Stross. Traduit de l’anglais par Xavier Spinat. Mnémos, 2006. 420 pages

Nouvelle République, planète plutôt arriérée et en tout cas coincée côté culture pour ce XXVe siècle, subit l’invasion du Festival. Le Festival est une société galactiquement itinérante post-Singularité. Elle fait pleuvoir sur Nouvelle République une nuée de téléphones qui ne disent qu’une chose :  » Bonjour. Tu veux bien nous distraire ?  » De la réponse dépend la récompense. Ainsi, des armes. Il n’en faut pas plus pour déclencher la Révolution. Et pour conduire les autorités à imaginer pour la vaincre de remonter le temps. Et risquer l’anéantissement de cette partie de la Galaxie, car l’Eschaton déteste qu’on touche à son histoire. C’est qui, l’Eschaton ? Charles Stross est le plus prometteur et le plus déjanté des nouveaux venus sur la scène de la science-fiction. Crépuscule d’acier a manqué de peu le prix Hugo 2004.

Dans son billet, Chiffonnette évoquait ses froncements de sourcils et ses maiskeskyracontejcomprendsrien qui ne l’avaient pourtant pas empêché de ne pas bouder son plaisir. En ce qui me concerne, certains laïus et autres discussions pseudo militaire et technique m’ont totalement laissé de côté. Du coup, je ne suis jamais parvenue à entrer totalement dans ce roman et j’ai réellement dû batailler pour le terminer  – ce qui aurait été fort dommage car les ultimes chapitres ont trouvé grâce à mes yeux -.

Me voilà désenchantée et bien gênée pour vous rédiger quelques lignes car dans ce roman tout n’est pas à jeter, ne serait-ce que les thématiques. S’il date d’il y a 10 ans pour la traduction française, l’ouvrage est en avance en matière d’Intelligence Artificielle, de l’usage de la téléphonie et d’une société avide, d’une certaine manière, de consommation. L’image de vie idéale n’est pas semblable selon la catégorie sociale de tout un chacun (allant d’un simple repas chaud, à des amis, ou un animal qui pond des oeufs en or et se transforme en une bombe à retardement car gorgé de radiations et autre), de ses aspirations : les révolutionnaires de cette colonie, Rochard, qui pensent qu’en prenant le pouvoir ils vont réussir à transformer un pays. Les idéaux des uns et des autres se voient vite bouleversés par ce Festival qui porte, en partie, bien son nom, et leur suite, les marchands, juste évoqués, ne semblent guère une sinécure.

Charles Stross semble prendre un malin plaisir à dénigrer les militaires qui oublient de réfléchir, trop prompts à suivre des manuels. Quant à nombre des révolutionnaires, une fois les armes à la main ils ne valent guère mieux.

Bref, ainsi que je le disais si vous parvenez à aller au-delà de passages particulièrement pesants (et rébarbatifs), il est fort à parier que, comme, bon nombre de lecteurs vous trouverez votre bonheur à la lecture de ce roman non dénué d’humour, de clins d’oeils et de réalisme par bien des aspects. Comme souvent seul votre propre regard vous permettra de vous faire votre avis. Difficile pour moi d’envisager d’ouvrir un autre épisode des aventures de Rachel Mansour.