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La Belle Mélancolie

La belle mélancolie / Michel Jean. Libre Expression, 2015. 259 pages.

On se demande tous ce qu’aurait pu être notre vie si…
Une série de meurtres dans une mine du Nunavik entraîne Arnaud Delagrave, spécialiste de la gestion de crise, dans des événements dont le contrôle lui échappe bientôt. Jusqu’où devra-t-il aller pour aider le PDG de la Drago Polar Mine, à la personnalité charismatique mais implacable en affaires?
Et quel secret cache la jeune avocate un brin fantasque Amélie Roy, dont il s’éprend malgré lui?
Entre le désert de la toundra du Grand Nord et les élégants gratte-ciel de Montréal, Arnaud sera confronté à son passé et aux choix qu’il a faits.

C’est tout d’abord cette couverture qui m’a fait de l’oeil chez Jules et Karine. Un titre qui me parlait et un auteur dont j’ignorais tout. Je savais que j’allais le lire. Au cours de ma dernière visite au Québec, j’ai eu la chance de rencontrer Jules qui m’a fait cadeau de ce roman (pour la millième fois, merci pour tout Julie). Et comme souvent lorsqu’un livre vous tente et qu’on vous l’offre, vous cherchez le bon moment pour le lire, inquiète d’être déçue par le style, le sujet, d’avoir mis trop d’attente sur le roman.

Le bon moment c’est ce mois québécois et, ce roman se dévore. Michel Jean joue avec de multiples sujets : amour, choix de vie, temps qui passe, meurtres, stratégie économique, autochtones, journalisme.  259 pages et autant de thématique ! Cela vous semble un challenge ? Et bien pas du tout. L’ensemble est maîtrisé, amené avec beaucoup de brio et le tout semble d’une évidence absolue. Alors que l’intrigue principale semblait tourner avant tout autour d’Arnaud Delagrave, de sa relation amoureuse dont les chapitres ponctuent l’ouvrage, les événements s’imbriquent et Michel Jean nous parle du Grand Nord et de ses habitants : laissés pour compte, ayant dû abandonner leurs us et s’abandonnant désormais à l’alcool et survivant loin de tout. Envoyé en mission pour gérer une crise avec une maîtrise dont il a le secret, progressivement, notre personnage va découvrir cet univers et effectué une sorte d’introspection sur lui-même (différentes coïncidences vont l’y aider). Il va découvrir que la vie qu’il mène est bien loin de celle qu’il avait idéalisé, que les chemins qu’il a choisi proposent d’autres méandres, des sentiers de traverses qui peuvent lui permettent de revenir un peu sur ses pas, non pas pour remettre en question la société, mais au moins pour que lui puisse regarder l’avenir avec plus de sérénité et plus de sincérité dans ses actes du quotidien.

Comme je le disais, je ne connaissais absolument pas Michel Jean et c’est réellement une très belle découverte. Ce qu’en disent mes amies québécoises, son choix de parler des premières nations dans ses écrits, me donnent envie de lire davantage.

Une nouvelle fois je ne peux dire que merci aux blogs et à ces belles rencontres qui m’ouvrent les yeux vers un pays magnifique, un autre style de vie et des amis lointains mais toujours présents lorsque je me décide à prendre l’avion.

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