La chambre mortuaire / Jean-Luc Bizien. 10/18, 2009 (Grands détectives). 429 pages. 4*
Etrange personnage que le docteur Simon Bloomberg ! Dans son hôtel particulier de la rue Mazarine à la façade presque aveugle, conçu comme une pyramide égyptienne, cet aliéniste au regard pénétrant et à la réputation sulfureuse traite ses patients selon des méthodes avant-gardistes qui font scandale.
Lorsque la jeune Anglaise Sarah Englewood entre à son service, elle tombe immédiatement sous le charme de ce scientifique hors du commun, fascinée par le mystère qui l’entoure. Pourquoi ne voit-on jamais sa femme, une archéologue de renom dont les trouvailles encombrent chaque recoin de la maison ? Et pourquoi une des pièces est-elle interdite d’accès ? Tandis qu’une série de meurtres inexpliqués défraient la chronique parisienne, une relation trouble se noue entre l’intrépide Anglaise et l’ombrageux médecin…

C’est à une enquête se déroulant à la fin du XIXème siècle que nous propose de participer Jean-Luc Bizien.
Une pincée d’égyptologie, du milieu des aliénistes et nous voici plongés à la suite de l’anglaise Sarah Englewood que le docteur Simon Bloomberg vient d’embaucher en tant que gouvernante.
Fragile, perdue, Sarah n’en est pas moins curieuse et avide de comprendre tous les mystères qui gravitent autour de son employeur, de cet hôtel particulier construit à l’image d’une pyramide, de cette Cour des miracles (non Caro[line], nous ne sommes pas dans Angélique ;-D) que sont La Salpêtrière et l’asile Sainte-Anne.
Habilement, l’auteur nous entraîne
à sa suite dans cette enquête et, parallèlement, de manière plus officielle, derrière celle des inspecteurs Léonce Demoyers et Raoul Mesnard – tout frais émoulu de l’école de police qui teste des techniques d’enquêtes plus modernes (les Brigades du Tigre ne sont pas loin)-. De cette manière, le lecteur voit les morceaux du puzzle s’assembler, des hypothèses réelles ou imaginaires se présentent à lui. Le tout est présenté en de courts chapitres qui donnent un élan à l’enquête résolue rapidement, et dont nous, lecteurs du XXIèmes siècle qui avons des connaissances concernant le monde égyptien, acquis étrangers à nos protagonistes, nous permettent de prendre au début de l’ouvrage un galop d’avance, bien vite rattrapé par les éléments annexes glissés par l’auteur : énigmes et histoires d’une tranche de la société qui s’intéresse tantôt au spiritisme, tantôt à l’égyptologie. Une bonne société avide de sensation forte et d’immortalité.
Un très agréable moment de lecture et une histoire bien menée.

Lu dans Les Echos, ActuSF,
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