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Moissons sanglantes / Peter Robinson. Roman traduit de l’anglais par Pierre Reignier. Albin Michel, 2016. 441 pages
La nouvelle chef de la police du Yorkshire ayant placé la sécurité des campagnes au sommet de ses priorités, Alan Banks et les flics de la Criminelle sont sommés d’élucider au plus vite un simple vol de tracteur ! Mais cette affaire banale en cache peut-être une autre.
Alors que deux garçons d’un village voisin sont portés disparus, un promeneur découvre non loin de là une flaque de sang suspecte dans un hangar désaffecté. Un cadavre décapité, une jeune fille inquiétée par un faux policier, un accident de la route aux macabres révélations… l’enquête de routine bascule brutalement dans une dangereuse course contre la montre, contre la mort.
Très agréable découverte que ces enquêtes de l’inspecteur Banks et de son équipe. Je dois avouer que je ne connaissais pas du tout alors qu’il ne s’agit pas de sa première enquête et que Peter Robinson a une bibliographie fort conséquente.
J’ai trouvé ce volume intéressant à plus d’un titre. Tout d’abord les lieux de l’enquête et les faits : vol de machines agricoles, de bétail etc… Aucun fantasme de ma part d’un retour à la terre, mais un univers différent de prime abord de celui auquel les policiers actuels nous ont habitué : paradis fiscaux, délits d’initiés et j’en passe. Je ne vous cache pas que le trafic couvert dans ce milieu rural n’est pas exempt de ces voleurs en cols blancs du fait de l’argent investi, de l’envoi de ces machines extrêmement coûteuses à l’autre bout de l’Europe, mais nonobstant un interrogatoire à Londres, l’ensemble de cette histoire se déroule bien dans le Yorkshire et donne à découvrir l’ensemble du Comté : bord de mer, tracé montagneux et l’A1 qui le coupe allant de Londres à Edimbourg. C’est une quasi invitation touristique, si le mauvais temps ne venait pas se mêler à un meurtre sordide et à un accident de la route extrêmement spectaculaire.
Chaque membre de l’équipe a une personnalité, des traits de caractère qui nous sont distillés tout au long de l’enquête mais pour en savoir plus, pour reconstituer les drames/faiblesses intimes, ce seul roman ne suffira pas, car si l’histoire les implique, qu’ils sont des personnages essentiels, la quête des preuves et la résolution de leur travail passe avant tout.
L’ensemble est agréable à lire, sans temps mort. Bien entendu à l’image d’Annie, la tournée des abattoirs va vous soulever le coeur (sujet d’actualité s’il en est), mais les descriptions, faits, compte rendus post mortem ne sont pas là pour complaire le lecture avide de détails ou pour le faire s’écrier mais simplement pour l’immiscer dans l’histoire, le faire vivre au plus près le quotidien de cette équipe. Bref un bon polar où si des doutes quant au coupable potentiel sont rapidement présents, la toile est si dense que vous n’aurez pas le dernier mot avant de tourner la page ultime.