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Anita Nair - Compartiment pour dames.

Compartiment pour dames / Anita Nair. Traduit de l’anglais (Inde) Par Marielle Morin. Albin Michel, 2016. 333 pages

Akhila est employée aux impôts. Eternelle célibataire, cette quadragénaire n’a jamais été libre de mener sa vie comme elle l’entendait : toujours la fille, la soeur, la tante de quelqu’un, celle qui fait vivre la famille. Sur un coup de tête, elle prend un aller simple pour Kanyakumari, une petite ville balnéaire du sud de l’Inde. Dans l’intimité du sleeping – le fameux « Compartiment pour dames »- qu’elle partage avec cinq autres compagnes, Akhila ose leur poser la question qui la hante depuis longtemps : une femme a-t-elle vraiment besoin d’un homme pour être heureuse et épanouie ? Compartiment pour dames est le best-seller qui a révélé Anita Nair.
Un roman délicieux, chaleureux, tendre, qui nous ouvre le coeur de ces femmes indiennes dont nous sommes finalement si proches. Un beau voyage à la découverte de soi qui éveillera des résonances en chacun de nous.

Une réédition d’Albin Michel qui m’a permis d’enfin saisir le temps de lire ce roman qui m’avait fait de l’oeil plusieurs fois. Il me semble que les critiques étaient bonnes et je ne peux que confirmer tout le bien que je pense de ce roman et de sa thématique. Me croyant bien loin de la vie ordinaire de ces femmes indiennes, j’ai, néanmoins, retrouvé des vies de proches, de notre quotidien. Bien entendu notre culture européenne laisse officiellement et socialement une place plus large aux femmes célibataires, cela n’empêche pas le poids de la société et la vision des autres.

Ce célibat n’est pas le seul maître mot de l’ouvrage, il pose la question de la vie des femmes au quotidien, de leurs relations avec les hommes : leur mari bien entendu, mais également tous les proches et le regard du voisinage des relations. J’ai la chance de vivre à Paris mais je connais bien les petits villages de Province et la vision de certains habitants : famille ou voisins.

L’excellente idée d’Anita Nair est de faire parler des femmes de milieux et d’âges différents au cours d’un voyage de nuit. Chacune confie à Akhila qui a décidé de profiter de cette promiscuité et des ces inconnues pour s’ouvrir, de parler et d’interroger. A 45 ans, indépendante financièrement, elle s’interroge sur sa façon de gérer la 2nde partie de son existence : solo, accompagnée,…

Chaque chapitre voit la vie d’une de ces femmes se déroulaient en accéléré sous nos yeux et plus particulièrement sur leur place, leurs relations familiales, le regard qu’elles-mêmes jettent sur leur vie. Ces témoignages entourent la vie d’Akhila : son histoire et ses réflexions.

Aucun moment d’ennui et comme je le disais, même si nous ne vivons pas dans le même pays, il est très facile de se retrouver dans ces existences.

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