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Laurence Venturi - Le tableau.

Le tableau / Laurence Venturi. Albin Michel, 2016. 342 pages

Et si, vous aussi, vous découvriez un Modigliani chez vous ? Et si, vous aussi, vous découvriez un Modigliani chez vous ? Impensable ? Délirant ? Et pourtant, c’est l’histoire authentique que Laurence Venturi nous raconte, de l’enquête quasi policière pour faire authentifier le tableau aux bouleversements familiaux, conjugaux, psychologiques qu’entraîne pareille aventure où tous les secrets de famille volent en éclat.
Un vrai roman.

Après Van Gogh il y a quelques semaines, me revoici en compagnie d’un peintre au destin tragique : Modigliani. Là s’arrêtera la comparaison, car il ne s’agit pas du même auteur et absolument pas du même traitement dans la forme.

Laurence Venturi a choisi de nous parler de cet artiste à travers une sorte d’enquête et en l’insérant dans une histoire familiale qui, progressivement va prendre une place de plus en plus importante, menaçant le quotidien de Laura, son héroïne, et son couple. S’il ne m’a pas autant enchanté que celui de Jean-Michel Guenassia, il ne m’a pas pour autant laisser indifférente. Comme je l’ai déjà signalé pour d’autres romans, je trouve que le système des chapitres courts permet à ce style d’écriture de donner un élan et d’éviter de lasser le lecteur. Cela est parfaitement adapté ici car le personnage se lance sur différentes pistes au milieu de son quotidien ; la logique est donc respectée.

Quelques bémols liés sans doute au fait qu’il s’agisse d’un premier roman.

Je suis toujours surprise de découvrir que certains noms soient totalement tombés dans l’oubli. Ainsi Laura semble découvrir Max Jacob. (Même si j’ai des lacunes dans bon nombre de domaines, ce fait m’a semblé totalement bizarre, mais peut-être est-ce que ce sont mes connaissances qui le sont). Cette femme semble vivre dans un certain confort, son mari est un puits de connaissance et pourtant…

Les digressions cauchemardesques, les limites visions qu’elle a de ce tableau me sont apparues un peu hors sujet, même si elles permettent de tirer davantage la couverture sur le couple, elles n’en restent néanmoins en dehors du propos, si l’on réfléchit à la tournure prise par les événements. Si ce tableau reste toujours sa marotte, son enquête a dévié vers un autre sujet : le grand-père de son mari, contemporain de Modigliani.

En dépit de ces travers, je ne peux que vous encourager à découvrir cet ouvrage qui, comme je l’ai déjà mentionné, se lit facilement. Ce ne sera pas LE roman de l’année à mes yeux mais j’en conserve un agréable souvenir même si la chute m’a laissée un peu sur ma faim.

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