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Don Winslow - Missing : New York.Festival America - logo

 

Missing : New York / Don Winslow. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Philippe Loubat-Delranc. Editions du Seuil, 2015. 303 pages

Frank Decker, sergent de police à Lincoln, Nebraska, capte sur sa radio de service un «Code 64», soit un avis de disparition : Hansen, Hailey Marie. Afro-américaine. Agée de cinq ans. Un mètre six. Seize kilos huit. Cheveux bruns, yeux verts. Personne n’a rien vu, rien remarqué, rien entendu. Près de la moitié des enfants assassinés par leur ravisseur sont tués dans l’heure qui suit leur enlèvement et Decker sait juste que Hailey s’est volatilisée avec Magique, son petit cheval en plastique.
Fouilles et interrogatoires, brigade cynophile, battues avec l’aide des flics des comtés voisins : la police fait de son mieux. Jusqu’à un certain point. Car personne ne l’admet, mais on remue ciel et terre pour retrouver les petites filles blondes, pas les enfants métis de mère modeste et alcoolique. C’est alors que Decker donne sa démission, fait son sac et part sur les routes à la recherche de Hailey.
Une quête désespérée et solitaire de plusieurs mois, de motels en stations-service, jusqu’à New York et son annexe pour VIP, les Hamptons. Et là, tout bascule…

America

Tout commence classiquement dans les premières pages de ce roman, suite à l’enlèvement de la petite Hailey : le décompte, la mise en place des recherches, l’appel au FBI etc… et puis, la promesse faite à la mère, une profonde lassitude, l’impuissance devant son couple qui se dilate, la vie qui ne répond pas à ses attentes et à son éducation. Bref, Frank Decker prend le mors aux dents et décide de mener l’enquête vaille que vaille et de retrouver cette enfant. Oui, il est sans doute trop tard, mais il cherche…. cherche et nous entraîne dans sa quête, dans ses espoirs et ses errances, mais également dans les coins paumés du Nebraska, puis dans la folie urbaine de la grosse pomme : New York. Un simple ticket de caisse l’a emmené là et on se dit que notre cher héros est totalement paumé, qu’il est passé à côté et, pourtant…

Il a du nez ce Frank Decker, pour renifler juste des relents nauséabonds perdus au milieu du luxe et des photos de magazines. Que dire de Don Winslow ? Il a l’art et la manière de nous perdre, de jouer avec nous, nous entraînant sur des pistes invraisemblables afin de mieux nous perdre, nous faire douter de son propre héros. Parti d’un simple enlèvement d’enfant, l’auteur nous conduit avec lui découvrir ces réseaux de la prostitution de luxe et bas de gamme : tout un florilège de détails qui vont ramener son policier sur la piste de l’enfant, à Lincoln. Oui, ses premières impressions étaient les bonnes, chaque indice était bon. Après, il ne tient qu’à vous de vous laisser prendre aux pièges, d’essayer de comprendre toutes les ramifications de cette histoire.

Une folie. Mais tellement vraisemblable avec un personnage crédible avec ses faiblesses et ses forces.

 

Un avis positif et un autre à l’opposé

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