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Un Cri Si Lointain

Un cri si lointain / Ake Edwardson. Traduit du suédois par Anna Gibson 10/18, 2004 (Grands Détectives). 520 pages.

La canicule produit de drôles d’effets à Göteborg en cette fin d’été. Tensions exacerbées, violences, affrontements quotidiens dans les rues, la ville est en ébullition. Quant au commissaire Erik Winter, il se laisse pousser les cheveux, fait du vélo et se baigne chaque jour dans la mer, en se demandant combien de temps encore il pourra résister aux pressions d’Angela, qui menacent durement sa vocation de dandy célibataire. Puis, une nuit, le corps d’une inconnue est découvert près d’un lac des environs. La seule piste dont Winter dispose est livrée lors de l’autopsie : cette femme a donné naissance à un enfant.

Soyons juste, je n’avais plus les idées très claires concernant cette lecture que j’ai faite durant mon séjour québécois. Une lecture hachée, avec un léger décalage horaire. J’ai donc repris la dernière page pour me faire une idée de la chute et de mon sentiment général.

Ce n’est pas le meilleur polar que j’ai eu l’occasion de lire, mais le contenu est solide et intrigant. Je me souviens avoir eu parfois très envie de poursuivre cette lecture alors que la fatigue me gagnait ; d’autres passages m’ont semblé plus lents, avec une lecture moins soutenue. Mais revenons à cette enquête.

On suit une équipe de policiers suédois et plus particulièrement le commissaire Erik Winter au tournant de sa vie personnelle dans sa relation avec son amie. Mais là n’est pas le seul problème de Winter dont les parents sont des évadés fiscaux. Les membres de son groupe pourrait être des caricatures mais ne sont que des êtres humains et des reflets de notre société : il y a l’élément féminin, black de surcroit qui se retrouve victime d’une agression raciste (?) qui nous plonge dans notre quotidien et dans la vision que nous avons de l’étranger ou plus exactement considéré comme tel en raison de sa couleur de peau. Son binôme aime jouer les rabats joies, monsieur petites phrases discriminantes, mais l’état de sa collègue le plonge dans un profond marasme. Voici donc quelques-uns des protagonistes afin de vous dresser le tableau. Mais rassurez-vous l’histoire ne tourne pas autour de leurs problèmes existentiels, même si cela influence sans aucun doute leurs comportements et leurs manières de penser.

Car le cadavre qui vient d’être retrouvé les plonge dans bon nombre d’interrogations, tout comme le lecteur avec qui Ake Edwardson joue, distillant des éléments du passé ( ! spoiler ! mais quand se situent réellement les événements qu’il nous narre ?), mais sans être beaucoup plus explicite pour nous. Tout le travail du commissaire et des membres des forces de l’ordre de Göteborg va être de laisser de côté problèmes personnels, canicule et autres effets qui s’emmêlent afin de trouver un début de réponse. Dans cette affaire, il faut à la fois compter sur les autres, mais également sur des intuitions personnelles comme sur la chance.

Une enquête dont les ramifications s’enchevêtrent et qui nous présente une Suède moins idéale que l’image d’Epinal que nous avons d’elle, car nous finirons par découvrir avec Winter que des ramifications terroristes sont liées à cette histoire.

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