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9782283026489fs

Les luminaires / Eleanor Catton. Traduit de l’anglais (Nouvelle Zélande) par Erika Abrams. Buchet Chastel, 2015. 984 pages

Nouvelle-Zélande, 1866. En pleine ruée vers l’or, l’île voit débarquer sur ses côtes tout ce que la vieille Europe compte d’ambitieux et de désespérés. Parmi eux, Walter Moody, un jeune britannique ruiné bien décidé à trouver fortune accoste au port d’Hokitika, sur la côte Ouest, après un éprouvant voyage. Mais une étrange assemblée l’attend dans le petit hôtel où il a trouvé refuge. Là, dans une atmosphère des plus tendues, douze hommes du cru tiennent une réunion secrète pour tenter d’élucider des faits étranges qui agitent la communauté depuis plusieurs semaines.
Un riche notable a disparu, une prostituée a tenté de mettre fin à ses jours, et on a découvert une immense fortune dans la maison d’un pauvre ivrogne, mort lui aussi. Moody succombe bientôt à l’irrésistible attrait du mystère et se retrouve plongé dans un entrelacs d’intrigues et de destins vertigineux. Formidable restitution des grands romans anglo-saxons du XIXe siècle, Les Luminaires est une narration ambitieuse dont la structure emprunte à l’astrologie pour livrer un inoubliable roman d’amour, une histoire de fantômes, de pouvoirs et d’énigmes insolubles campés dans une Nouvelle-Zélande ou la fièvre de l’or est reine.

Comment avais-je pu oublier dans un coin cet éditeur qui m’a rarement déçu ? Alors effectivement l’éditeur ne fait pas le contenu mais il fait des choix éditoriaux et…. et voilà….

Ce livre fut pour moi un monstre. Un monstre enchanteur, chronophage. J’ai la chance de lire assez vite, prise par le besoin de dévorer les histoires lorsque j’en commence une, mais avec ce roman, vous n’aurez pas d’autre choix que de prendre votre temps. En raison de son volume, de la densité de son premier chapitre (près de 400 pages), du nombre de personnages et des éléments qui se télescopent, du foisonnement des faits et des interrogations suscitées. C’est sans doute un tour de force de la part de cette jeune auteur de parvenir à conserver notre intérêt alors que nous en savons si peu et que le milieu qu’elle a imaginé / retranscrit est loin de nous être familier, tout en ayant une part de « magie ».

La ruée vers l’or. L’OR. Le mot magique qui fait et défait des vies, des destins, lance les hommes à l’assaut de territoires inconnus, les plongent dans la boue à la quête de paillettes ou de pépites pour les plus chanceux. L’or qui est sensé donner la même chance à tous. Eleanor Catton nous entraîne sur la piste de cet or dans un coin de la Nouvelle Zélande, Hokitika, petite ville qui s’est construit à partir de rien et qui est devenu le nouveau lieu de la quête enfiévrée.

Décès naturel ou aidé par une dose de laudanum, disparition inexpliquée d’un jeune homme déjà riche, une fille su soir que tous se dispute mais qui accorde avant tout ses faveurs à l’opium, une malle qui apparaît puis disparaît au rythme des appareillages ou des quidam présents au port, un naufrage, des promesses d’héritage, des cicatrices, des autochtones, un chinois avide de venger la mort de son père…. J’en oublie ? Oui, certainement ! C’est touffu, étonnant, parfois épuisant pour le lecteur qui s’interroge sur ces invraisemblances (qui n’en sont pas), ce mélange des genres. Alors oui, il faut prendre son temps pour découvrir les faits qui un à un vous seront expliqués. A part, peut être un ou deux… Mais, n’est-ce pas un peu à vous, lecteur, de laisser aller votre imagination ?

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