Mots-clefs

, , , , , ,

Les indociles / Murielle Magellan. Julliard, 2015. 230 pages

Olympe est une galeriste aussi ambitieuse que talentueuse dont l’existence se partage entre Paris et New York. Sa vie sentimentale consiste à séduire indifféremment hommes et femmes, pour se lasser aussi vite, sans se soucier des ravages qu’elle provoque. Lorsqu’elle rencontre Paul, un scientifique pointu, père et mari fidèle, au coeur pur, elle tente dans un premier temps de ne pas chercher à inscrire cette nouvelle proie à son tableau de chasse.
Elle l’incite plutôt généreusement à acheter une toile d’un artiste inconnu pour lequel elle s’est prise de passion. Ce peintre ignoré, vieil homme nommé Solal, vit tel un ours à Perpignan, dans le quartier gitan, rétif à la moindre compromission et forcément allergique au jeu des mondanités parisiennes. Convaincue qu’il s’agit d’un génie, Olympe se lance comme défi, aidée par sa jeune stagiaire Khalia, de le faire connaître de tous.

Je ne sais pas comment mais, une nouvelle fois, Murielle Magellan a su créer la surprise et le goût de tourner les pages, inlassablement. Je pense que ces chapitres courts sont pour beaucoup dans cette avidité de poursuivre ma lecture (le fait qu’elle soit scénariste doit aider à la forme) ; en tant que lectrice, j’ai eu l’impression que le suivant allait m’apporter les réponses, quelque chose de neuf. Pourtant, un don Juan au féminin, très franchement, je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre, mais cette facette de la personnalité d’Olympe traduit beaucoup plus que son désir de l’amour physique. Cette femme m’a semblé éprise de tout. Lorsqu’elle se jette dans sa quête amoureuse ou artistique (peinture, musique), elle le fait à corps perdu. Ce ne sont pas ses amours qui m’ont bercé dans ce roman mais bien sa quête de l’art, son oeil à la fois neuf et exercé. Son emprise sur les choses et sur les êtres qui l’entourent. Oui, elle a été éduquée, oui elle a appris à manipuler les corps comme les esprits, mais cette force fait d’elle une personnalité unique.

Alors non je ne pense pas qu’elle serait mon amie – elle n’en a pas – ; elle est entourée, admirée. Quand, de mon côté, je la regarde avec surprise, le monde entier semble conquis par son esprit et ses choix. Et puis, il y a Paul qui lui ne semble pas prêt à tout jeter à ses pieds. Pour cela, pour leurs échanges intellectuelles et la sincérité de leurs propos, elle en fait un compagnon idéal, une muse dans sa quête d’obtenir une exposition de Solal, ce peintre âgé qu’elle vient de découvrir. Tous les fils sont là, ténus mais présents.

Murielle Magellan sait à merveille nous toucher par ses personnages, ses situations, les oeuvres qu’elle nous donne à voir tout en nous laissant tout imaginer. J’ai cherché la chute, alors que déjà elle me distillait des éléments de réponse et puis, les ultimes pieds de nez, la foudre qui tombe d’où on ne l’attendait pas. Mais, Olympe est toujours là, toujours décidée, laissant elle-aussi un petit quelque chose d’elle dans cet univers.

 

Merci à Adeline et aux Editions Julliard – Comme à chaque fois, mes propos auraient été les mêmes , SP ou pas.-

Publicités