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Un zoo en hiver / Jirô Taniguchi. Traduit du japonais par Corinne Quentin. Casterman, 2009 (Ecritures). 231 pages

Kyôto, 1966. Le jeune Hamaguchi travaille chez un fabriquant de textile. Mais lassé de ne pouvoir y assouvir sa passion pour le dessin, il démissionne et part pour Tôkyô. Il y découvre, en même temps qu’un studio de mangas qui lui donne sa chance, la vie nocturne et les milieux artistiques de la capitale. Mais le travail d’assistant mangaka est éreintant et Hamaguchi comprend vite qu’on y trouve difficilement le temps et l’énergie pour se consacrer à des oeuvres personnelles. Pour la première fois, Jirô Taniguchi se remémore ses débuts de mangaka et sa jeunesse dans le Tôkyô des années 1960. Un magnifique récit d’apprentissage, où toute la finesse et l’élégance de l’auteur sont réunies pour illustrer les premiers émois de l’âge adulte.

Un manga ! Je vois quelques mines dubitatives. Si vous n’avez pas apprécié celui qui s’est ouvert sous vos yeux, il faut en essayer un autre. Ils ne se ressemblent absolument pas tous.

Celui que je vous propose aujourd’hui est celui d’un artiste confirmé et reconnu puisqu’il s’agit de Jirô Taniguchi. Il va vous embarquer dans les années 70 et vous allez découvrir avec lui la vie à Tokyo ; celle de tous les jours, enfin plus exactement celle que mène un jeune mangaka, mais aussi ses sorties, son apprentissage à la vie comme à l’art. Car oui c’est tout cela que comporte ces 231 pages dont des planches peuvent paraître dépouillées et d’autres agrémentées d’une multitude de détails, de richesse graphique mais si tout cela est rendu en noir et blanc. (page 90, ici)Afficher l'image d'origine

En suivant ce double de papier, en 7 chapitres, vous allez l’accompagner sur 2 ans, période où beaucoup de choses vont changer pour lui ; ainsi que je l’ai mentionné il apprend son métier, mais va également rencontrer l’amour et une aide fort précieuse en la personne de Mariko, qui le seconde dans la construction de son histoire, lui insuffle l’espoir de croire en son Manga et en son trait.

Les personnages secondaires font le charme et la vie de ce roman graphique. Sans eux notre jeune héros serait resté bien certainement un peu terne et enfermé dans son monde de solitude et de zoo où il aime dessiner les animaux avec beaucoup de réalisme ; un univers que Mariko va lui faire intégrer à son histoire.Afficher l'image d'origineD’autres aspects sont à découvrir chez cet artiste. Ainsi je suis en train de lire « Le gourmet solitaire » qui me fait saliver à chaque histoire et me donne envie de me précipiter au Japon pour goûter cette multitude de mets, dans des lieux tous plus différents les uns que les autres. « Furari » que j’ai à peine commencé à feuilleter me semble d’un tout autre style : un univers plus lent et plus proche de la nature. Sa lecture terminée je verrai si j’étais ou non partie sur une fausse piste. Comme vous le voyez, la palette de cet auteur est riche et, il serait dommage de s’en priver sur une mauvaise impression.

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