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L’ange de Whitechapel / Jennifer Donnelly. Traduit de l’américain par Florence Hertz. Pocket, 2010. 1003 pages

India Selwyn Jones, jeune aristocrate fraîchement diplômée de médecine, décide de renoncer à ses privilèges pour exercer son métier dans la jungle populaire qu’est le quartier de Whitechapel. En ce début des années 1900, il n’est pourtant pas facile d’être une femme médecin, célibataire qui plus est. Dévouée à ses patients, impétueuse, avant-gardiste en matière de progrès social, India va croiser le chemin de Sid Malone, un gangster qui règne sur Londres et dont la tête est mise à prix. Partagée entre sa vocation, son futur mariage avec un éminent politicien et ses sentiments ambigus pour celui qui se prend pour un justicier, India va devoir trouver le juste équilibre entre ce que l’on attend d’elle et ce qu’elle veut vraiment.

Par bien des aspects j’ai été attirée par ce roman : se déroulant au début du XXème siècle, à Londres, il propose de suivre les débuts professionnels d’une jeune femme de la bonne société, en tant que médecin. Celle-ci étant amenée à exercer dans le quartier de Whitechapel, autant vous dire qu’elle va découvrir un monde qui lui est tout à fait étranger.

C’est tour à tour un ouvrage prenant car il nous plonge dans différents milieux, nous rappelle la place des femmes en ce début de siècle : n’oublions pas que si elles ont le droit de travailler, elles n’ont pas pour autant le droit de voter et restent aux yeux des hommes des potiches ou plus exactement totalement sous le pouvoir de leur mari. Alors oui Jennifer Donnelly crée des personnages intéressants, des figures à la fois aristocratique (leur titre étant tout ce qu’il reste à certains), des politiciens qui … sont des politiciens fort en promesses mais peu à même de comprendre un quotidien ou une pauvreté qu’ils préfèrent ignorer ; des personnages qui travaillent et cherchent à aider les autres, la faune du Londres de ces années. Vous comprenez mieux à présent l’épaisseur de l’ouvrage lorsque l’on veut intégrer tout cela et je dois avouer que l’auteur s’en sort plutôt bien. Là où j’ai trouvé qu’elle tirait un peu le tout par les cheveux c’est en voyant l’évidence de la situation amoureuse de notre héroïne. *spoilers suivent*

India est fiancée presque par obligation alors qu’on la découvre en bisbille avec sa famille. Comme de juste elle tombe amoureuse du plus mauvais garçon du quartier mais qui au fond de lui est une pauvre âme perdue qui ne demande qu’à s’amender …

Oui cela fait déjà beaucoup pour une seule personne mais ainsi que je le mentionnais elle n’est pas au bout de ses aventures. J’avoue que nonobstant l’évidence de la chute, j’ai trouvé le tout bien présenté, les personnages parfois extrêmes sont bien décrits et j’ai beaucoup aimé le traitement de la vie des femmes, l’approche médical de cette période, l’abord de la contraception notamment selon que vous soyez pauvre ou riche. Et enfin Ella, sans qui India n’aurait certainement pas avancer d’un iota, mais aussi, sa pittoresque famille qui met des étincelles dans les pages de ce roman.

Quelques réserves donc mais un livre qui se laisse lire et nous apprend certains aspects de la vie londonienne et politique en ce début de XXème siècle.

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