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La piste noire / Asa Larsson. Traduit du suédois par Caroline Berg. Albin Michel, 2015. 457 pages

Une nuit de tempête le cadavre d’une femme assassinée est retrouvé sur le lac gelé de Torneträsk. La victime, comme son frère jumeau, travaillait pour la société minière internationale Kallis Mining, sous les ordres de l’intriguant et richissime PDG, Mauri Kallis. Pour démêler les fils de cette société tentaculaire, les inspecteurs Anna-Maria Mella et Sven-Erik Stalnacke font appel à l’avocate Rebecka Martisson qui, de retour dans sa région natale, vient de décrocher un poste au bureau du procureur.
Une sombre affaire d’argent et de pouvoir, un trio aussi sulfureux que dangereux entraînent Rebecka sur une piste noire.

Je ne sais pas sur quelle planète je me trouvais ces derniers temps, mais je suis passée à côté cette série dont voici le 3ème opus (5 romans sont prévus avec la même héroïne : Rebecka Martisson + quelques personnages récurrents). Les histoires sont indépendantes donc une nouvelle fois pas de soucis pour que je débute avec cet opus, même si, à présent je vais lire les précédents et les suivants (faible, je suis).

Car oui ce roman est bien mené, mais Asa Larsson sait surtout comment intriguer le lecteur en rendant ces personnages proches de nous, des êtres confrontés au quotidien, à leurs faiblesses qu’il soit du bon ou du mauvais côté aux yeux du lecteur. Ainsi 3 images féminines dominent dans cet opus : Rebecka tout d’abord qui a totalement craqué (cf le volume précédent), se retrouve interné puis essaie, pas à pas de se reconstruire, même si chaque pas peut s’avérer un échec. Une femme à qui la réussite était promise et à qui la vie n’a pas fait de cadeau. Elle s’accroche à son travail et à son ancien patron pour qui ses sentiments restent une énigme. Près d’elle, Anna-Maria Mella, enquêtrice, mariée et mère de famille épanouie. Son rapprochement avec Rebecka, les enquêtes qu’elle mène lui permettent de se rendre compte que sa vie est belle en dépit d’un quotidien parfois difficile. Si opposées soient-elles une connivence se crée entre l’intellectuelle et la femme de terrain confrontées au meurtre d’Inna Wattrang, victime ?? Car oui, les interrogations entourent cette femme travaillant pour un groupe reconnu mais décrié dans sa quête d’exploitation de ressources naturelles en Afrique et ailleurs.

C’est par le biais de flash-back (qui m’ont parfois tellement surpris que je savais plus si cela en était ou pas, et plus longs que ceux auxquels nous sommes habitués) que nous allons entrevoir qui est Inna, mais surtout les personnalités de son frère et de leur patron et ami : Mauri Kallis. Les apparences sont toutes plus belles les unes que les autres, mais l’enquête nous entraîne très vite dans un scandale politico-financier, à l’exploitation de pays en voie de développement, du jeu de pouvoirs des uns et des  autres sur les anciennes colonies, le tout mêlé à la vente de secret industriel. Oui cela peut sembler beaucoup mais les affaires que nous découvrons tous les jours dans le monde montrent bien que les scandales se limitent rarement à un fait, tout s’imbrique. Et, c’est l’art de l’auteur de nous montrer et démontrer la facilité avec laquelle une entreprise peut se retrouver dans une situation hors la loi. Et, grâce à cet enchevêtrement, les coupables ne sont pas forcément là où on les attend.

Rassurez-vous, tout est simple à comprendre car si notre enquêtrice a besoin de Rebecka pour démêler les fils juridiques, le langage simple et celui qui lui permet de comprendre les tenants et aboutissants. Si le tout est parfaitement limpide pour le lecteur, cette série reste un thriller nordique où le climat joue lui-aussi son rôle.

Un grand merci aux Editons Albin Michel.

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