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Crazy rich à Singapour / Kevin Kwan.Traduit de l’anglais par Nathalie Cunnington. Albin Michel, 2015. 518 pages

Lorsque la New-Yorkaise Rachel Chu débarque à Singapour au bras de son boyfriend Nicholas Young, venu assister au mariage de son meilleur ami, elle pense juste passer de paisibles vacances en amoureux. Mais le beau Nick a «oublié» de lui dire que sa famille est l’une des plus fortunées d’Asie, que le mariage prévu est l’Evénement de l’année, et qu’il est l’héritier le plus convoité de tout l’Extrême-Orient ! Pour Rachel, le séjour de rêve se transforme en un véritable parcours du combattant – en stilettos et robes couture…
Sino-américaine, pauvre et roturière : bonne chance !

Du côté de Singapour, ainsi que quelques destinations exotiques, voici le voyage auquel nous sommes conviés dans cette histoire qui reste avant tout assez ChickLit mais faisant dans le haut standing, tout en conservant de l’humour et un minimum de réalisme. Les mères de familles singapouriennes n’ont rien à envier à la réputation des mères juives en ce qui concerne le mariage et elles en deviennent plus que timbrés dans tous les sens du terme.

Vous l’aurez compris, je ne me suis pas ennuyée à suivre les aventures de Rachel et Nick, avec des évocations et des descriptions des villes comme des habitudes parfois très drôles. Personnages et plus particulièrement les familles sont hautes en couleur et si l’histoire commence en Grande-Bretagne sous fonds de racisme ordinaire, tout au long de cette histoire, les discriminations vont s’enchaîner : couleur de peau trop pâle, trop foncé, pas le bon nom, fortune récente, chinois de Chine… et l’ouverture d’esprit des biens pensants s’arrêtent, comme souvent, lorsqu’ils sont directement concernés. Quand on découvre que l’auteur est issu de ce milieu fortuné décrit à travers ces 500 pages, on se dit qu’il doit savoir de quoi il parle et que le réalisme semble bien là.

Le roman si léger soit-il peut également se lire à différents niveaux quand on regarde les couples et la vie sociale des uns et des autres. Bien entendu le parallèle le plus criant est entre le couple Rachel/Nick et la cousine de ce dernier  Astrid et son mari Michaël. Ce dernier étant, comme Rachel, sans fortune, en suivant son couple on s’interroge sur le potentiel de vie commune de nos 2 personnages principaux.

Galerie de portraits piquants, souvent complètement abracadabrants, pas une minute de pause ne nous est laissée. Entre la destruction des oeuvres d’art par une Taïwanaise pasteur pentecôtiste afin d’éloigner le péché de la maison pendant que les bonnes amies de la propriétaire planquent les bronze et autres dans leurs sacs à main, le grand père fortuné tombait dans le coma qui se réveille et réclame des comptes à ses enfants et petits-enfants, les laissant sans un sou, tout est sujet à rebondissements afin que le lecteur ne cale pas. Ce n’est peut être pas un livre indispensable mais un bon moment de lecture.

A livre ouvert en parle fort bien.

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