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Le voile des apparences / Natacha Calestreme. Albin Michel, 2015. 325 pages.

Après une série d’événements tragiques, Yoann Clivel, flic brillant de la police judiciaire, n’a d’autre choix que de se rendre dans un hôpital psychiatrique. Il y fait la connaissance d’un jeune homme atteint d’autisme qui communique avec les morts. L’un de ses «fantômes» est une femme qui prétend avoir été assassinée. Supercherie ? Délire d’un malade mental ? Ou piste à prendre au sérieux ? Happé par les méandres de cette affaire, Clivel se retrouve face à une autre énigme : l’assassinat de son propre père lorsqu’il était enfant…
A la frontière du paranormal et du thriller, Le Voile des apparences confirme l’univers singulier et très documenté de l’auteur du Testament des abeilles.

Un très bon opus que ce policier où l’enquête professionnelle moderne se confond avec des crimes (?) du passé, une histoire personnelle non résolue et un présent qui donne parfois envie de prendre la fuite (qu’elle soit médicamenteuse ou naturelle en restant chez soi sous la couette). Vous l’aurez compris, j’ai trouvé ce polar très bien fait et ai découvert par la même occasion qu’il s’agissait d’un 2nd opus avec ce personnage. Autant vous dire que je vais aller regarder si je trouve : « Le testament des abeilles », afin de mieux comprendre ce flic : Yann Clivel, car même si les histoires se lisent distinctement, je suis curieuse de voir le ton qu’avait pris Natacha Calestreme avec les abeilles. Car oui ces ouvrages ne tournent pas seulement autour de l’enquête elle-même. J’ai la sensation, au vu du résumé de son précédent ouvrage qu’elle pose des questions de société en parallèle des enquêtes dans lesquelles elle entraîne son flic.

Ici, profitant de son passé et de problèmes liés à son bureau, elle nous le montre presque à bout de souffle, cherchant de l’aide extérieur : sa rencontre avec des psys et leurs petites pilules colorées n’est pas faite pour flatter certaines personnes du corps médical. Surtout lorsqu’elle appuie sur des carences de notre société, en l’occurrence le traitement (dans tous les sens du terme) des personnes souffrant d’autisme. Les paragraphes de chiffre peuvent sembler incongrus dans ce roman, mais les faits traduits par des actes et des comportements sont sans doute le meilleur moyen pour nous rappeler le quotidien et la souffrance des familles comme des personnes souffrant d’autisme. En prenant une voie détournée, le comportement du beau-fils de Clivel, elle intègre à son histoire une part de réalisme et d’irréalité aux yeux de beaucoup afin de mieux rebondir à la fois sur ce que l’on conçoit comme un comportement normal et sur l’enquête que mène Yann Clivel.

L’enquête elle-même est somme toute assez évidente, mais au milieu des problèmes de son anti-héros, et des questions qu’il se pose sur lui-même, et sur le monde qui l’entoure : place et impact des jumeaux, autisme, écriture automatique, impact du corps médical, l’ensemble est rondement mené et se laisse lire avec plaisir.

L’avis de Lune, de Florinette,

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