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La colline écarlate / Anne Beddingfeld. Librairie des Champs Elysées, 1999 (Labyrinthes). 187 pages

A la fin du XIXème siècle, aux Etats-Unis, de nombreux convois de femmes s’aventurent vers l’Ouest. Avec sa fille Camille, Laura profite de l’un d’eux pour rejoindre son frère Peter Gallagher, délégué aux affaires indiennes. Mais depuis que l’Etat veut rétrocéder le territoire de Fort Laramie aux Indiens, la tension est explosive. Deux militaires sont retrouvés scalpés, des armes ont été volées et des squaws agressées.
Dans ce climat de suspicion, l’intervention de Laura pourrait s’avérer précieuse. Car elle excelle dans l’art de recueillir les confidences, et les bavardages des hommes pourraient bien l’aider à confondre les vrais criminels.

C’est SeriaLecteur qui a attiré mon attention sur cette écrivain (pseudo d’Anne Martinetti) dans une nouvelle série que j’ai hâte de découvrir, mais j’évite mon libraire ces derniers mois car mes piles se sont encore accumulées ; je suis néanmoins passée par la case bibliothèque et ai déniché ce minuscule opuscule. Si mince que l’enquête sera résolu en moins de 200 pages. Il est étonnant de voir le nombre de détails totalement étranger à cette « investigation » que nous donne l’auteur. En effet nous allons suivre une femme, Laura et sa fille qui quittent la France pour retrouver son pays d’origine : les Etats-Unis. Sa meilleure amie organisant des convois de femmes vers l’Ouest, elle va la suivre à travers ce périple afin de rejoindre son frère. C’est la vie de ses femmes qui est retracée en parallèle des événements que le frère de Laura vit de son côté : les relations entre les nouveaux arrivants et les indiens. L’itinéraire permet à Laura et aux femmes de ce convoi, comme aux lecteurs, de découvrir la difficulté de ce voyage, les pièges et les aléas de la conquête de l’ouest. Dans le même temps, la vie dans les environs de Fort Laramie n’a pas la vision idyllique de la fin du voyage: climat, vie quotidienne, problèmes de ravitaillement, … sont des éléments qu’avaient omis ces volontaires à l’exode.

Avec ces 200 pages, Anne Beddingfeld nous parle tout à la fois de la condition féminine à cette époque, en France (de manière succincte) comme aux Etats-Unis via ses pionnières ou à travers le visage de Calimity Jane qui mènera grâce à son expérience et sa gâchette le convoi à bon port. Mais d’autres visages légendaires de l’Ouest passent rapidement dans ce roman. Via les meurtres des soldats dont les indiens sont suspectés, le viol de 2 squaws, c’est une période de l’histoire de cette nation que l’auteur nous propose de survoler. Les dernières lignes consacrées à Laura laisse imaginer un passé plus tumultueux que ce que nous avions pu imaginer et une personnalité dont on souhaiterait savoir plus. L’auteur semble avoir été arrêtée dans son écriture. J’ai eu parfois l’impression qu’il s’agissait tantôt d’une nouvelle qu’elle avait enrichie, tantôt d’un texte à qui on a rogné un peu les ailes pour le faire tenir en moins de 200 pages. L’histoire se tient, mais vu le nombre de personnages, il est certain que l’on pouvait en attendre plus.

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