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Annie Barrows - Le secret de la manufacture de chaussettes inusables.amarica

Le secret de la manufacture de chaussettes inusables / Annie Barrows. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Dominique Haas et Patrick Dusoulier. Nil, 2015. 622 pages

Raconté par les voix de trois narratrices pleines d’esprit – Layla, Jottie et sa nièce Willa –, ce récit nous plonge dans l’univers cocasse et charmant d’une petite ville de Virginie-Occidentale, Macedonia, pendant l’été 1938. Layla Beck, une jeune citadine fortunée, fille d’un puissant sénateur du Delaware, refuse d’épouser le riche parti que son père a choisi pour elle et se voit contrainte d’accepter un emploi de rédactrice au sein d’une agence gouvernementale.
Elle n’a jamais travaillé de sa vie, mais en ces temps de grande dépression, nécessité fait loi. Sa mission : se rendre dans la petite ville de Macedonia, interroger ses habitants hauts en couleur, et rédiger l’histoire de cette ville sur le point de célébrer le cent-cinquantenaire de sa fondation. Elle prend pension chez les Romeyn, des excentriques désargentés, autrefois propriétaires d’une grande fabrique de chaussettes et autres articles de bonneterie – Les Inusables Américaines – qui a été ravagée par un incendie plusieurs années auparavant.

 

Si vous souhaitez retrouver la fraîcheur, l’originalité du Cercle des amateurs d’épluchures de patates, je n’ai qu’un conseil à vous donner : passez votre chemin. Mais, si vous souhaitez une lecture sympathique, retrouver le sud des Etats-Unis, son histoire et ses secrets de famille, je vous encourage vivement à lire cet opus écrit par Annie Barrows, co-auteur du roman précédemment cité. Ainsi prévenu, je pense que vous serez moins déçus. Car si ce roman présente des qualités, on y retrouve néanmoins des thématiques déjà vus et le secret est presque une évidence au fur et à mesure de la lecture. Car non il ne s’agit pas non plus d’une enquête policière, mais plus sûrement d’histoires d’amour et de famille.

Le charme réside avant tout par deux narratrices principales : Jottie et sa nièce, Willa, jeune adolescente qui cherche à comprendre les adultes dans l’espoir de se voir considérer comme tel. Le style bien entendu est distinct, leur vision des choses comme leur univers est différent, mais cela nous permet de suivre et de comprendre la vie de Macedonia. Ville qui fête ses 150 ans et que Layla, jeune femme de Washington, va découvrir en prenant pension chez les Romeyn, la maison de Jottie. Layla va être à la fois un grain de sable et un élément déclencheur dans les découvertes que Willa va faire de son entourage, mais comme je le disais c’est avant tout en s’interrogeant sur ce qu’elle voit (sa tante l’ayant encouragé à être plus observatrice), à comprendre. Bien entendu, pour obtenir davantage d’informations, Willa ne néglige pas les planques volontaires ou involontaires (elle cherche tous les endroits possibles pour assouvir sa passion de la lecture (clin d’oeil évident au précédent opus)) ou les maladresses.

Le récit est assez enlevé grâce notamment aux échanges épistolaires de Layla avec ses proches  qui nous permettent de bien voir la différence d’existence de ces femmes. Annie Barrows, pour faire bonne mesure, à ajouter la présence des soeurs de Jottie, des jumelles, quelques personnages secondaires parfois drôles, originaux… et n’omet aucun détails concernant la période en évoquant les grévistes accusés de tous les maux ou le trafic d’alcool.

Vous l’aurez compris, j’ai lu sans aucun déplaisir ce roman qui ne restera pas un inoubliable mais m’a permis de passer quelques heures de lecture agréable.

 

Mademoiselle Maeve a aimé,

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