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Petit canard blanc : Une enfance en Chine / Na Liu & Andrés Vera Martinez Traduit de l’anglais par Jean-Marc Lainé . Urban China, 2015. 107 pages

En Chine, dans les années 1970, le monde est sur le point de changer pour deux petites filles. Pendant des décennies, le gouvernement chinois a gardé le pays séparé du reste du monde, mais à la mort du président Mao, de nouvelles opportunités commencent à émerger. Da Qin et sa petite sœur Xiao Qin vivent à Wuhan ; leur enfance sera bien différente de ce qu’ont connu leurs parents… Ces huit histoires courtes – inspirées de la vie de l’auteur – donnent au lecteur un regard unique sur l’enfance et l’éducation dans la Chine de cette époque.

Je suis partagée par ce court roman graphique car j’ai trouvé les huit histoires / faits d’enfance à la fois beaux, sincères vus avec la mémoire de l’enfance et en même temps c’est trop court et pas assez explicites lorsque l’on s’intéresse a minima à l’histoire de la Chine. Alors oui vous trouverez une courte chronologie en fin de volume mais cela ne donne pas toutes les explications qu’un enfant ou un adulte lisant cette histoire pourrait attendre. Du côté du dessin, le fait de mêler vie quotidienne et rendue d’affiches ne m’a pas dérangé, mais le graphismes de certains éléments (le buffle par exemple) m’a davantage intrigué – je chipote, sans doute-.

Néanmoins en narrant ces historiettes portant sur 4 ans de son enfance (1976-1980), Na (ou Da Qin/ Grand piano) ne cherche pas à retracer l’histoire mais à donner des instantanés d’un passé qui n’existe plus, à retracer des faits marquants : la mort de Mao, la chasse aux nuisibles par exemple… ou à travers l’histoire de ses parents, ce que le communisme a apporté : l’éducation pour son père ou des soins gratuits pour sa mère, du riz sur chaque table et un rappel des terribles famines qui ont marqué le pays. Enfin, en se rendant dans le village paternel, elle prendra conscience qu’elle-même a des privilèges que ses cousins n’ont pas : elle est propre, possède des vêtements la distinguant des autres et sait lire.

C’est donc à la fois des faits historiques, le quotidien (un mix : sa soeur ayant été conçue avant la loi sur la natalité, elle eut le droit de naître, mais une seule enfant avait une place à l’école), les faits marquants : le nouvel an et un mélange habile de légendes du passé : Nian le monstre. En dépit de mes remarques liminaires, l’ouvrage est attachant et on suit avec plaisir le quotidien de cette fillette.

Je vous laisse sur la conclusion de l’ouvrage : « En repensant à mon enfance en Chine, je me rends compte que c’était une époque spéciale, les enfants pouvaient observer les difficultés auxquelles  leurs parents avaient été confrontés pour survivre, pour réussir leur vie, et grâce à cela, il nous était plus facile de construire notre propre avenir. »

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