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Les nuits de Reykjavik / Arnaldur Indridason. Traduit de l’Islandais par Eric Boury. Editions Métaillié, 2015. 261 pages

Voici les aventures du jeune Erlendur, curieux, débutant sa carrière de policier. Erlendur le solitaire vient d’entrer dans la police et les rues de Reykjavík dans lesquelles il patrouille sont agitées : accidents de la circulation, contrebande, vols, violences domestiques… Une mort inexpliquée l’obsède. Un clochard qu’il croisait régulièrement pendant sa ronde de nuit est retrouvé noyé dans un fossé et tout le monde s’en moque.
Mais ce destin hante Erlendur et l’entraîne toujours plus loin dans le milieu étrange et sombre de la ville. Les Nuits de Reykjavík est le seizième roman d’Arnaldur Indridason et raconte la première affaire d’Erlendur, le policier que les lecteurs connaissent depuis les premiers livres de l’auteur. De roman en roman, Indridason perfectionne son écriture et la profondeur de son approche des hommes.

Pour tous ceux qui se sont laissés prendre au jeu, cette aventure va vous entraîner à la fois, comme souvent, dans une double enquête, mais également vous donne la genèse d’Erlendur. En effet, Erlendur est ici, un simple policier de proximité qui patrouille avec 2 collègues chaque nuit, se contentant d’aligner les excès de vitesse et/ ou d’alcoolémie quand ces effets n’entraînent pas des situations plus dramatiques. Mais alors qu’on le suit au cours d’une de ses nuits presque banale, l’équipe ayant été appelée pour des cris et des bruits dans un ménage, il ne s’en laisse pas compter par l’homme qui les accueille et, au mépris des lois, réussit à pénétrer dans la maison d’une femme battue. Un des 1ers trait saillant de notre policier est dessiné. Bien vite, d’autres nous sont donnés par son auteur : son empathie visible à travers son intérêt pour le monde des sans abris que lui et ses collègues croisent sans cesse, ou simplement pour les personnes qui croisent son chemin. Son obstination, son goût pour les affaires non résolues comme pour la solitude sont rendus dans cette première histoire.

On découvre donc les prémices de ce qui fera cet inspecteur hors pair, ainsi que, surprise, ces relations avec les femmes et plus particulièrement avec la mère de ses enfants. Déjà la non-communication est présente, son goût pour la musique et les longues errances solitaires sont mises en avant.

Quant à l’enquête elle nous mène d’un bout à l’autre de Reykjavik, de sa population, des facettes sombres que présente la population semblant n’attendre que la nuit pour se révéler. Le soleil brille parfois mais les aspects négatifs prédominent, même si le sourire d’un clochard, sa perspicacité ou le hasard vont entraîner Erlendur à résoudre deux disparitions.

Clin d’oeil ultime en la présence de Marion Briem qui chante les louanges d’Erlendur à défier les règles et l’invite à le rejoindre. Tout est dit, ne reste plus qu’à lire ou relire les enquêtes qu’Arnaldur Indridason a publié jusqu’ici.

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