Pétronille / Amélie Nothomb. Albin Michel, 2014. 169 pages

« Au premier regard je la trouvai si jeune que je la pris pour un garçon de quinze ans »

Oui, je sais, je donne rarement des billets sur des contemporains et pour cause, j’ai l’impression que tout le monde souhaite en parler. Alors c’est vrai que bien souvent je lis en décalage les romans des rentrées littéraires afin d’éviter les bousculades, et parce que je trouve parfois délicat de faire preuve d’originalité dans les propos, je m’abstiens. Pour résumer, j’ai lu bon nombre d’ouvrages de la rentrée littéraire de septembre 2014 (quasi en temps en en heure) et un jour je vais vous donner mon avis sur les uns et les autres. Pour ce roman d’Amélie Nothomb, je dois dire que : 1° je le lis en décalage, 2° je ne vais certainement pas être originale et 3° je m’interroge sur le nombre de romans de cet auteur que j’ai lu donc ne vous étonnez pas si je découvre ce qui n’est que des lieux communs chez elle.

Oui, oui vous avez bien lu. Je fuyais Amélie Nothomb depuis des années car j’avais un sentiment de trop… j’entendais trop parlé d’elle, la peur des critiques qui parlaient de facilité, les craintes de tout et de rien comme souvent et là, je me suis décidée et j’avoue que je me suis bien amusée dans ce roman (fort court au demeurant) dont j’ai dévoré la 1ère partie, enchantée que j’étais. Non par les 1ères lignes mais dès sa rencontre avec Pétronille. En effet les premières pages furent pour moi un délire sur la divine boisson : le champagne. Mais, elles trouvent une justification ensuite tout au long de ces pages qui, comme je vous le disais m’ont bien plu. Loin de moi l’idée d’un incontournable ouvrage, mais vraiment ces pages autobiographiques à plus d’un titre (si j’en crois sa réputation et les interviews lu  ou entendu) nous sont données avec un panache et un aspect pince sans rire (qui semble être le propre de l’auteur) qui m’amusaient au fil de ma lecture.

Et l’histoire : l’auteur rend grâce à sa profession pour les rencontres qu’elle suscite, et le champagne qui lui est largement distribué. L’entrée en scène de Pétronille donne déjà tout son cachet à la suite de leurs aventures. Pétronille est à l’opposé d’Amélie par bien des aspects : son histoire personnelle, sa personnalité. Le titi parisien est bien présent et ce que semble apprécier Amélie c’est que Pétronille OSE. Elle ose tout et lui impose de faire des choses que jamais au grand jamais elle n’aurait imagine ou pensé (de par son éducation, ou simplement car cela ne lui serait pas venu à l’esprit). Ajoutons à cela qu’elle a une plume que notre auteur admire et qu’elle sait boire – bon, comme nul n’est parfait, l’alcool l’a fait un peu pêcher vers des idées et la volonté de vouloir les asseoir auprès des autres d’une manière un peu extrême.

Chacune semble trouver chez l’autre de quoi compenser ses défauts et surtout elles aiment le champagne (vaste publicité pour les plus grandes marques de champagne qui sans doute n’hésiteront pas à poursuivre leurs livraisons auprès d’Amélie Nothomb). Alors oui, nous aurons : Amélie et Pétronille boivent à la maison, à l’hôtel, au café, sur les pistes de skis, dans un bouge…. et les critiques peuvent en rire. Mais cela semble encore plus amuser l’auteur qui en a fait son fonds de commerce depuis des années au même titre que ses tenues et ses ouvrages à chaque rentrée littéraire. Cela n’empêche pas que ce dernier roman est à déguster avec le sourire, et je l’ai lu sans m’en rendre compte (à la manière où parfois je termine mon verre). Quant à la chute qui ne semble pas avoir plu à tous et bien, pour ma part, le sourire était au rendez-vous. Car comment voudriez-vous qu’elle termine ce roman en retombant plus aimablement sur ses pattes à l’image de ce petit chat de gouttière de Pétronille. Pied de nez ultime et drôle à mes yeux.

L’envie me prend, non pas d’un verre, mais de lire du Amélie Nothomb afin de vérifier, 1° si je l’ai déjà lu, 2° si les stéréotypes sont toujours là, 3° si mes idées préconçues à son égard étaient ou non erronées ?

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