Le peintre et la jeune fille / Margriet de Moor. Roman traduit du néerlandais Pays-Bas) par Annie Kroon. Libella Maren Sen, 2012. 283 pages

 » Le jour où ils allaient étrangler la jeune fille, le peintre s’était rendu en ville dès le matin « . Ainsi débute ce roman qui met en scène deux personnages : un peintre presque sexagénaire et Elsje, âgée de dix-huit ans. Débarquée à Amsterdam depuis quinze jours, elle a assassiné sa logeuse avec une hache. Sans le nommer, Margriet de Moor raconte l’histoire du peintre Rembrandt : ses deux mariages, la banqueroute où il perd la quasi-totalité de sa fortune, la mort de son épouse fauchée par la peste, son travail acharné pour acheminer les portraits d’un couple amoureux… (…)

Alors que ce roman avait tout pour me plaire : la peinture, l’histoire, une question policière… je me suis ennuyée à chaque chapitre. J’attendais à tout instant l’étincelle qui allait me permettre de m’accrocher à ces deux destins si différents et, qui se rencontrent là, par hasard à différents moments de la dernière journée d’Elsje et alors que Rembrandt est déjà à l’aube de sa vie.

Le pourquoi de cette non accroche me trotte encore dans la tête. Oui l’écriture de ce roman n’est pas linéaire, mais ce n’est pas la première fois que je lis une histoire proposant ce rythme. Néanmoins, je crois qu’à force de vouloir nous donner moult détails descriptifs, de peinture, d’impressions, de sensations etc… Margriet de Moor a fini par me perdre. En voulant jouer de contrastes, expliquer la lumière et les sentiments  qu’elle inspire à un peintre, à cette jeune fille ou à d’autres quidams (marchand de peinture, autres peintres…), mon intérêt pour l’histoire s’est perdu dans les méandres de sa prose. Sensation bien étrange alors que l’histoire en elle-même paraissait si sensible, être à la fois  triste et belle.

Alors oui, l’auteur sait admirablement parler des paysages enneigés, si bien que notre regard en est parfois aveuglé. Elle raconte également avec brio le quotidien, l’acheminement des boeufs vers la ville, le quotidien, certains métiers et décrit avec beauté la ville d’Amsterdam, nous invitant à nous perdre dans la ville qui continue à se construire. Mais à force d’éléments extérieurs, elle m’a totalement perdu dans les ruelles de la ville, dans le cours de sa pensée et pour son histoire. En vérité je crois que je ne suis guère parvenue à m’apitoyer sur le sort d’Elsje. Quant à Rembrandt, il ressemble plus à une ombre en cette période de sa vie et c’est bien là la description que l’auteur en fait. Elle a beau relater son histoire et ses drames personnels, une nouvelle fois, tout est tombé à plat en ce qui me concerne.

 

Des avis : mitigé pour L’antre des livres,

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