Ouvrage lu dans le cadre des Matchs de la Rentrée Littéraire 2014  Matchs de la rentrée littéraire

Sous les couvertures / Bertrand Guillot. Rue Fromentin, 2014. 176 pages

Un samedi soir, une librairie de quartier. Comme toutes les nuits, sitôt le rideau tombé, les livres s’éveillent et se racontent leurs histoires… Mais ce soir, l’heure est grave : les nouveautés viennent d’arriver, et les romans du fond de la librairie n’ont plus que quelques jours pour trouver un lecteur ! Pour sortir par la grande porte, il leur faudra s’unir et prendre la place des best-sellers solidement empilés près de la caisse.
Autant dire qu’ils n’ont pratiquement aucune chance…

C’est d’une plume originale et drôle que Bertrand Guillot nous invite à rencontrer les habitants de cette librairie. Des aspects amusants certes pour le lecteur mais qui nous renvoient à toutes les problématiques auxquels sont confrontés le monde du livre depuis 20-30 ans. Car sous couvert de rébellion, de la peur du retour et donc de la destruction, c’est bien tous les articles et discussions autour des livres qui prennent vie dans cette librairie de quartier qui peine à trouver une bouffée d’oxygène, écrasée par le nombre toujours plus grand de nouveautés littéraires (même si certaines n’ont de littéraire que le nom), d’invendus, de société de consommation et de la modernité sous les traits de la liseuse. Si la majorité des débats se font par la bouche de ces livres : romans, essais, ouvrages du boudoir proches du pilon, classiques, étrangers contre les best-sellers qui, comme les bonbons des supermarchés se trouvent à portée de main au moment de l’achat impulsion ou de dernière minute, le côté des humains n’est pas négligé.

Car si tout cela est raconté avec imagination et sous couvert de la fiction, nous suivons, en parallèle, le temps de ce week-end de fermeture les réflexions du libraire et de son apprentie, leur remise en question personnelle du sens de sa vie pour l’une, et du devenir de cette librairie pour l’un et l’autre. Mais nous allons également croiser quelques uns des auteurs de ces romans en rébellion qui se rencontrent au cours d’un Salon. Ainsi les livres ne sont-ils pas les seuls  à s’interroger sur leur lendemain et nous avons des points de vues qui peuvent sembler plus proches au lecteur, en quelque sorte plus terre à terre.

Si, comme je l’ai signalé, l’ensemble est plaisant de par le style narratif choisi (on pourra ainsi reconnaître sous les traits de l’Académicien, du journaliste / écrivain, du livre rebelle ou du best-seller, toutes les catégories d’ouvrages possibles), le temps des batailles m’a semblé un peu s’éterniser. Certes aucune victoire ne se remporte en une seule fois, mais certainement cet aspect « militaire-politique » m’a donné l’impression de longueurs.

Ce roman semble faire le point de la situation en 2014, mais ne donne pas pour autant de recettes miraculeuses aux problématiques qui reviennent ou à la nouvelle place du format électronique. Là n’est pas son objectif, loin s’en faut, puisqu’il est là avant tout pour nous divertir. Un roman plaisant.

Karine:) et Stéfie en parlent

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