Appelez la sage-femme / Jennifer Worth. Traduit de l’anglais par Françoise du Sorbier. Editions France Loisirs, 2014. 527 pages

Jeune infirmière, Jennifer Worth décide, dans les années 50, de parfaire sa formation de sage-femme auprès des soeurs d’un couvent anglican qui soignent les pauvres des quartiers des docks de l’East-End. « Appelez la sage-femme » est le récit de cet apprentissage, sa rencontre avec ces soeurs, toutes plus extraordinaires les unes que les autres, alors qu’elle-même ne croit pas en Dieu. C’est aussi une formidable description de ces quartiers déshérités du Londres d’après-guerre, de la misère, mais aussi de l’espoir et de la solidarité.
Jennifer Worth y trace de magnifiques portraits des femmes qu’elle accouche, récits toujours émouvants, parfois teintés d’humour ou de tragédie. Un témoignage bouleversant d’humanité.

Pour ceux qui ont vu la première saison de « Call the midwife », rien de bien nouveau dans ce volume, mais j’ai néanmoins pris grand plaisir à retrouver les personnages qui font le charme de la série. On retrouve tous les éléments pertinents, à savoir le quotidien de ces jeunes sages-femmes dans les années 50, période encore marquée par la 2nde Guerre, par l’état des docks, la situation de l’habitat et l’absence de commodités : eau, électricité, salle de bains ou toilettes dans les appartements, leur apprentissage et leur confrontation aux docks.

Jennifer a tout à découvrir de ce milieu social qu’elle ne connaît pas, qu’elle n’imaginait pas, et elle débarque dans ce couvent sans imaginer qu’elle va travailler avec des soeurs, ni au contact de la misère ou du manque d’hygiène. Progressivement nous allons découvrir qu’elle n’a fait que fuir un amour impossible, et cette vie la bouleverse, lui fait découvrir son métier et une vie qu’elle n’imaginait pas. Elle découvre l’amour, la violence et les souffrances du présent comme du passé pour certains.

Comme dans la série, le comique de certaines situations, des personnages : religieuses, homme à tout faire, sages-femmes répond à des histoires qui se dénouent parfois de manière dramatiques en dépit de la volonté de tout un chacun. Les naissances et les joies ponctuent également ces épisodes.

Certains passages sont très pertinents historiquement parlant et marquent la mémoire ; ceux consacrés à l’aspect médical ont un peu moins retenu mon attention. Néanmoins, tout cela a marqué mon esprit et m’a rappelé les nombreuses avancées en matière d’hygiène et de la médecine générale et gynécologique, comme de la société. Loin de moins l’idée que des familles ne vivent pas à l’heure actuelle (et je le déplore) dans des conditions parfois similaires mais ce livre parle d’un instant de la vie d’un quartier de Londres, et ce partage du quotidien et de l’intimité est certainement pour beaucoup dans son succès et son intérêt.

Alors j’ignore encore si l’ouvrage que j’ai est le premier volume des mémoires de Jennifer Worth mais la série est déjà à sa 4ème saison annoncée pour une diffusion en 2015. L’actrice jouant le rôle de Jenny quittant la série, ce sera peut- être la dernière. Succès au Royaume Uni et au Canada si j’en crois le web, la France s’est faite plus discrète dans sa diffusion et seule la 1ère saison est passée l’an dernier. A redécouvrir peut être un jour…

L’avis de mestageresenfranglais,

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