Identique / Scott Turow. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Antoine Chainas. JC Lattès, 2014. 376 pages.

Le sénateur Paul Gianis se présente comme maire à Kindle County tandis que son frère jumeau, Cass, est libéré après avoir purgé une peine de vingt-cinq ans de prison pour le meurtre de son ancienne petite amie, Dita Kronon. Lorsque Evon Miller, responsable de la sécurité pour la société de Hal Kronon frère de la victime, et Tim Brodie, détective privé, reprennent l’enquête sur la mort de Dita, ils se retrouvent pris au piège des illusions et confrontés à une vérité sans fard : les gens ne croient que ce qui les arrange. 

 

Un policier tout à fait correct où le terme de la gémellité est revisité par Scott Turow. Si on se doute bien tout le long de l’ouvrage que les traces ADN ne sont pas pour rien dans cette histoire, l’auteur joue avec nous et plus particulièrement avec les 2 enquêteurs totalement irréalistes de cette histoire. Tous deux travaillent pour Hal Kronon, le frère de la victime  : une femme et un vieillard, voilà le cliché choisi par Scott Turow. Mais ces deux personnes sont des pros et leur intégrité leur permet d’avancer, s’aidant des spécialistes des tests ADN. Différents mais complémentaires.  L’un a vécu l’affaire de l’intérieur à l’époque, il connaît parfaitement la communauté et permet à la seconde d’avancer. Elle, c’est une ancienne du FBI, elle pose les bonnes questions et s’adaptent aux nouvelles procédures. L’auteur intègre à son récit, pour nous les rendre plus attachants, plus réels, leurs propres histoires personnelles qui s’écrit dorénavant quasi au passé  pour Tim Brodie et vers la peur du futur pour Dita Kronon, après la rupture amoureuse qui se déroule sous nos yeux.

Deux personnalités qui vont s’épauler alors qu’elles pourraient s’opposer à l’image des familles Kronon et County, des fils Paul, bel homme, brillant avocat et politicien et Karl : trop gros, colérique et ayant le besoin de montrer que l’affaire hérité de son père prospère et qu’il n’est pas simplement le fils de.

Tirant tous les fils de ces personnages et intégrant dans le dernier tiers de chaque chapitre une sorte de flash back retraçant le quotidien de cette journée qui s’est déroulée 20 ans plus tôt, pour chacun des protagonistes, Scott Turow tente de nous aider à reconstituer le puzzle qui s’étale sous nos yeux. Il nous apporte les pièces les unes après les autres alors que l’on croyait avoir trouvé celle qui pourrait s’adapter, mais…. non… Au début les réponses nous semblent évidentes, progressivement il nous faut cette loupe grossissante pour bien prendre conscience de nos erreurs.

D’une facture dans l’ensemble agréable pour tous les différents points évoqués, son traitement des jumeaux, du patrimoine génétique, même si elle est la clé pour comprendre qui est le meurtrier nous entraîne parfois dans des méandres qui auraient sans doute pu être simplifiées.

 

Lu en partenariat avec Babelio.

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