Chroniques Birmanes / Guy Delisle. Editions Delcourt (Shampoing), 2007. 263 pages

Guy Delisle - Chroniques birmanes.

Chroniques birmanes relate un séjour d’une année que Guy Delisle effectue à Rangoon où il suit son épouse, expatriée de Médecins sans frontières.

Je me souviens fort bien que Kikine avait parlé de cette BD. Avant de la relire, voici quelques minutes, vous n’auriez eu aucune indication de ma part concernant son ressentie. Mais voilà, la mémoire de l’image a fait le reste et l’envie de lire ces Chroniques est revenue lorsque je l’ai vu sous mes yeux. Contrairement à Kikine, je ne connais pas le travail de Guy Delisle, donc aucune comparaison possible, c’est donc un avis beaucoup plus positif que j’émets concernant cet ouvrage.

L’an passé je me demandais pourquoi mes collègues en Asie me parlaient de Myanmar (nom officiel depuis 1989 quand même) alors que la Birmanie, et bien c’était toujours la Birmanie pour moi. Oui j’avais réellement besoin d’un rappel à l’ordre car même si je connaissais quelques éléments et même si, en 10 ans, des événements se sont déroulés, ma méconnaissance de cet état reste sans doute la même. Bien entendu, tout le monde connait Aung San Suu Kyi, a lu/vu quelques reportages sur des affaires pétrolières ou sur la main mise de ce gouvernement militaire, mais la Birmanie n’étant pas une destination touristique comme la Thaïlande, nous nous intéressons certainement beaucoup moins à elle et les pages qui lui sont consacrées sont moins nombreuses.

Ce qui fait le charme de ces pages c’est avant tout que Guy Delisle est aussi béotien que nous quant à Rangoon (capitale à l’époque où ils vivent) et aux us et coutumes du pays. Alors, même s’il apparaît candide parfois, je pense que lorsqu’on vous annonce que vous partez quasi du jour au lendemain, vous n’avez pas vraiment le temps de lire tous les écrits ou de visionner tout ce qui a pu être sur le sujet.

D’un graphisme simple mais parlant Guy Delisle, nous raconte donc des pages de son quotidien, aussi bien avec les expatriés, les autres humanitaires présents, que les rencontres qu’il a pu faire avec les birmans : ses rencontres en tant que père, car c’est son fils qui attirent les regards et lui permet d’entrer en contact avec les locaux, mais aussi grâce à son travail de dessinateur qui va lui permettre de discuter avec des amateurs (ou pas) de BDs et du quotidien dans ce pays. Les histoires s’enchaînent sur deux ou plusieurs pages : tantôt c’est l’univers de son fils, celui de sa femme, les visites « culturelles », celles immobilières, les traditions telles que la Fête de l’eau ou plus politiques. Ainsi, les rumeurs s’avèrent réelles et, en Novembre 2005, une nouvelle capitale est créée, à 300 km de Rangoon : Naypyidaw (encore une chose que j’ignorais et pourtant j’ai dû en entendre parler à l’époque).

Alors que le type de dessin de Guy Delisle n’est pas forcément celui auquel je suis la plus habituée et auquel j’adhère, je dois avouer que je suis tombée sous le charme de ses chroniques qui m’ont fait vivre et découvrir durant le temps de cette mission, Myanmar, et appréhender un peu mieux ce pays. C’est vraiment quelque chose que j’aime dans la BD car elle nous permet d’appréhender des sujets ou des faits que nous n’aurions pas le courage de lire dans le texte (vil chasseur de temps que nous sommes). Alors oui bien sur certains me diront que les documentaires sont souvent là pour cela, mais n’ayant pas la télé, je dois avouer que la lecture, et ici le graphisme, se prête fort bien à cette envie.

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