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L’homme du verger / Amanda Coplin. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Laurence Kiefé.Christian Bourgeois Editeur, 2014. 537 pages. 

A l’aube du XXe siècle, dans une région reculée le long de la côte pacifique des Etats-Unis. Talmadge prend soin de ses arbres fruitiers. Depuis près d’un demi-siècle, cet homme mène une existence apaisée, rythmée par les saisons des fruits. Jusqu’au jour où deux jeunes filles farouches et abandonnées font irruption dans son domaine… Leur arrivée bouleversera définitivement la vie de ces personnages, les rappelant à leurs douloureux passés.
Retraçant l’histoire des êtres liés à ce verger, Amanda Coplin bâtit un récit d’une étonnante maturité littéraire, où l’épique se mêle à l’intime.

Pris au hasard, et lu quasi d’une traite, même si les phrases très courtes par lesquelles débute le 1er chapitre m’a quelque peu pertubé. Mais une fois lancée, je ne pouvais plus m’arrêter. Qu’allait donc pouvoir raconter cette jeune auteur sur 537 pages autour d’un verger et d’un homme, Talmadge, épris de sa terre et qui me semblait déjà terriblement pétri d’habitudes.

Force des mots, de leur beauté et du monde qui entoure Tamaldge et ce semblant de famille qu’il semble parfois souhaiter, même si chacun reste sur sa vie. Il y a, tout d’abord, Clee l’indien qui revient sur ces terres régulièrement : lieu de transit, amitié solide et souvenir de la soeur de Talmadge, tôt disparu et qu’il semble toujours chercher. Caroline Middey, la sage femme, un pendant féminin de sa solitude, avec qui les discussions semblent toujours si simples, qui semble savoir / deviner tant de choses. Mais, lorsque 2 jeunes filles paraissent, la bonté de Talmadge, et les souvenirs de sa soeur refont surface et, il ne peut s’empêcher de les aider. On devine déjà que les ennuis ne sont pas loin, mais rien ne l’empêche de suivre sa décision, quelque soit les propos des uns et des autres, la semi sauvagerie des ces jeunes filles. Non il ne cherche pas à les domestiquer, mais seulement à leur donner un asile, à comprendre ce qui a pû leur arriver et en quoi il peut les aider, sans rien leur demander. Que pourrait-il attendre d’elles ? Sa vie semble lui convenir, ses vergers l’occupent à plein temps, mais le souvenir de la perte reste une plaie à vif et il n’aura de cesse de les aider.

Nous allons ainsi le suivre lui et son verger pendant une 20aine d’années, pris dans le tourbillon de cette nouvelle vie qu’il a choisi. Cela nous permet également de voir quelques évolutions et la vie de cette région pendant cette même période. Mais de la même manière pour le cadre et les personnages, les faits nous sont distillés. Cela n’empêche en rien de suivre avec intérêt ces vies d ‘initiation, de famille recomposée, ces personnages attachants et cette terre pour laquelle l’auteur semble avoir un attachement profond.

Tout est à la fois simple et beau. Cela parait bien banal de le dire ainsi, mais plongez-vous dans ce livre et vous comprendrez combien il est difficile de vouloir vous en parler sans trop en dire pour ne pas vous gacher le plaisir de la lecture.

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