Trois ombres / Cyril Pedrosa. Delcourt, 2007 (Shampooing). 268 pages.

Trois ombres rôdent autour de Joachim. Pour le protéger, le père de l’enfant l’emmène par-delà les fleuves et les collines. Mais cette fuite devant la mort est illusoire.
Dans Trois ombres, Cyril Pedrosa a su trouver les mots et les images justes pour évoquer une thématique douloureuse.

Un grand coup de chapeau à Cyril Pedrosa pour avoir osé aborder un thème des plus dérangeant : la mort d’un enfant.

Au-delà d’un conte pathétique, l’auteur & dessinateur a choisi un format long qui lui permet de nous montrer la vie avant de cette famille heureuse et aimante, en harmonie avec la nature.

Lorsque les 3 parques paraissent elles ne se présentent pas sous leur représentation usuelle, mais sous la forme de 3 cavaliers, 3 ombres dans le lointain qui inexorablement se rapprochent. Progressivement le lecteur comprend qui sont ces ombres. Sentant le danger, les parents de Joachim cherchent à le protéger, en ne le laissant jamais seul. L’idée fait son chemin, mais Louis, le père de Joachim refuse d’entendre raison et continue à se battre contre l’idée de la mort. Il va tenter le tout pour le tout et s’enfuit, cherchant à vaincre ses ombres qui se rapprochent de leur maison, de son enfant.

A travers la fuite, il va croiser d’autres destins, d’autres ombres. C’est l’occasion pour l’auteur de nous montrer sa palette, et pour nous de croiser des personnages secondaires, de montrer jusqu’où un parent est prêt à aller pour sauver son enfant, comment une force de la nature n’est plus rien face au destin.

Fantaisie, conte, beaucoup de termes pourraient s’apparenter à cette histoire, et si de prime abord, j’ai craint le graphisme, les premières pages toutes en rondeur, en bonheur m’ont rapidement rassurée et je me suis plongée dans cette lecture. Parfois émue mais sans pathos et avec une conclusion de vie qui se poursuit, même si l’absent reste toujours présent.

Une très belle découverte qui fut récompensée à Angoulème.

Le billet de Télérama qui exprime tout ce que j’aurais aimé vous en dire.

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