https://i0.wp.com/decitre.di-static.com/media/catalog/product/cache/1/image/9df78eab33525d08d6e5fb8d27136e95/9/7/8/2/2/2/8/9/9782228908818FS.gifLes tribulations d’une cuisinière anglaise / Margaret Powell. Traduit de l’anglais par Hélène Hinfray. Payot, 2013. 248 pages

Dans l’Angleterre du début des années 1920, la jeune Margaret rêve d’être institutrice, mais elle est issue d’un milieu modeste et doit  » entrer en condition « . De fille de cuisine elle devient rapidement cuisinière, un titre envié parmi les gens de maison. Confinée au sous-sol de l’aube à la nuit, elle n’en est pas moins au service de  » ceux qu’on appelle « Eux » « , des patrons qui ne supporteraient pas de se voir remettre une lettre par un domestique autrement que sur un plateau d’argent.
Elle saura leur tenir tête et rendra souvent son tablier pour améliorer ses conditions de travail, jusqu’à ce qu’elle trouve enfin, sinon le prince charmant, du moins le mari qui l’emmènera loin des cuisines des maîtres. Grâce à son franc-parler aux antipodes des récits de domestiques anglais trop parfaits, ce témoignage paru en 1968 a valu la célébrité à Margaret Powell (1907-1984). Quarante ans plus tard, il a inspiré le scénariste de la série Downton Abbey.

 

Je dois avouer que c’est bien la mention que ce témoignage fut une source d’inspiration pour Dowton Abbey qui a fait que j’ai acheté cet ouvrage. Le marketing a très bien fonctionné et je suis tombée dedans les yeux fermés. Si on retrouve quelques menus détails de la série, il ne faut rien attendre de plus par rapport à la série qui me plait tant.

Certes le témoignage de Margaret Powell est intéressant et fut sans doute novateur par la tournure d’écriture : le rendu d’un certain franc parler de cette personne. Mais il existe avant tout pour nous permettre de « revivre » un moment d’histoire. L’enfant qu’elle fut, la difficulté de l’existence pour ses parents et leur progéniture et son rapide placement dans la vie active afin de permettre à sa famille de vivre tout comme à elle-même.

Son expérience ne manque pas de vérité comme de vivacité, certainement du fait  qu’elle fut une femme au caractère bien décidé. Mais avant de pouvoir s’affirmer elle a dû débuter par le bas de l’échelle, même si certains considéraient que sa place était enviable, elle ne reste pas moins attribuée à une jeune fille, bien mal préparé à ce que l’on attend d’elle, et à une dureté au niveau des tâches, comme au peu de considération qui lui est accordé.

Grâce à sa force de caractère, à sa jeunesse et son intrépidité, Margaret va rapidement prendre du galon, mais dans des maisons qui ne sont pas forcément les plus idéales. Néanmoins, elle verra l’envers du décor puisqu’elle dirige désormais les cuisines, à parfois elle-même une fille de cuisine sous ses ordres et les clés (même si certains ne peuvent se résoudre à lui remettre) pour diriger (ou pas) les menus de ses patrons.

L’évocation de certains des maîtres, de leur cupidité ou de leur comportement envers leurs domesticités reprend en détails tous ce que l’on pouvait imaginer. Quant aux maîtres modèles, ils ne semblent pas faire partie de la majorité, où comme elle le dit, elle -même, les places y sont si bonnes qu’elles ne se présentent qu’une fois dans une vie et que tout un chacun tente de préserver cette chance.

C’est donc avant tout une page d’histoire au travers d’une personne que nous avons la chance de lire, le tout agrémenté d’humour et d’un peu de verdeur : où comment accommoder un poisson tout droit sortie de la poubelle et en faire votre spécialité auprès de vos maîtres ! Bon appétit :0)

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