https://i2.wp.com/static.decitre.fr/media/catalog/product/cache/1/image/9df78eab33525d08d6e5fb8d27136e95/9/7/8/2/8/0/9/7/9782809709360FS.gifLe restaurant de l’amour retrouvé / Ogawa Ito. Roman traduit du japonais par Myriam Dartois-Ako. Editions Philippe Picquier, 2013. 243 pages.

Une jeune femme de vingt-cinq ans perd la voix à la suite d’un chagrin d’amour, revient malgré elle chez sa mère, figure fantasque vivant avec un cochon apprivoisé, et découvre ses dons insoupçonnés dans l’art de rendre les gens heureux en cuisinant pour eux des plats médités et préparés comme une prière. Rinco cueille des grenades juchée sur un arbre, visite un champ de navets enfouis sous la neige, et invente pour ses convives des plats uniques qui se préparent et se dégustent dans la lenteur en réveillant leurs émotions enfouies.
Un livre lumineux sur le partage et le don, à savourer comme la cuisine de la jeune Rinco, dont l’épice secrète est l’amour.

 

Non, Ogawa Ito ne surfe pas sur les plaisirs de la table, mais c’est cette voie que son héroïne a choisi. Au fil des pages, on découvrira comment, grâce à sa grand-mère elle a acquis les gestes et le goût des plats préparés avec amour par cette femme aujourd’hui disparu qui a su lui transmettre un savoir faire et un goût si immodéré de jouer avec les goûts et les textures afin de créer et se réjouir du plat présenté.

Pourtant tout semblait avoir mal commencé pour Rinco qui avait su trouvé un rebond auprès de cette grand-mère inconnue. Mais les événements de la vie, l’abandon de son petit ami la pousse une nouvelle fois à rebondir en prenant un chemin qu’elle avait occulté : rentrer auprès de sa mère avec pour seul atout : la jarre à saumure de sa grand-mère.

Tout le roman joue à la fois sur la simplicité et la délicatesse et une petite part de folie dans ce roman que j’ai trouvé magnifique. L’abandon et le retour à ses racines sont le point de départ de ce roman. Alors qu’elle économisait pour créer son restaurant et alors que tout s’écroule autour d’elle et en elle (elle en perd l’usage de la parole), Rinco décide de se lancer dans l’aventure et de créer : son restaurant, sa cuisine.

Bien entendu, sans ses amis, sa mère également en dépit de leurs relations tendues, sa connaissance de la région et des produits locaux, rien ne pourrait se faire. Mais sa force  primaire est cette seule volonté qu’elle a de se relever, de retrousser ses manches et de réussir à transmettre son seul bien être : la cuisine. Elle y met tant de coeur, elle sait si bien être à l’écoute des sentiments et des goûts de chacun que bientôt sa réputation de magicienne se propage dans les environs.

Non ce roman ne s’axe pas sur une future célébrité grâce à la magie et au savoir-faire, mais se fait le chantre des produits simples, de la communion d’une artiste avec ce que la nature lui donne et ce qu’elle a envie de transmettre.

Les pages sont succulentes et mettent l’eau à la bouche ou à défaut, la curiosité au bout des papilles.

Un texte magnifique avec en guise de conclusion assez inattendue, une ouverture sur les relations mères-filles.

Une très belle découverte.

 

  Rentrée Littéraire 2013 avec Babelio.com.

 

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