https://i2.wp.com/static.decitre.fr/media/catalog/product/cache/1/image/9df78eab33525d08d6e5fb8d27136e95/9/7/8/2/2/6/6/1/9782266194006FS.gif Les âmes brûlées / Andrew Davidson. Traduit de l’anglais (Canada) par Natalie Zimmerman. Pocket, 2010. 663 pages. 4*

La route, la nuit. Un accident de voiture. Et le feu, dévorant… Au service des grands brûlés, un homme contemple son corps calciné. Les cendres d’une vie dissolue. L’Enfer lui a ouvert ses portes – plus rien ne le retient chez les vivants, sinon les visites régulières de Marianne Engel, schizophrène reconnue. Et celle-ci de lui raconter une bien étrange histoire. Une histoire d’amour fou qui débute à l’ombre d’un monastère, au XIVe siècle. Une histoire où grimacent les gargouilles, brûlent les damnés, planent les fantômes de Dante et des mystiques allemands. Leur histoire. Leur amour. Ce qui est né par le feu renaîtra par le feu. Pour une ultime fois, les amants maudits traverseront chaque cercle de l’Enfer. Pour leur délivrance. Et leur rédemption…

 

Immense coup de coeur de mon amie Abeille qui m’a offert cet exemplaire.

Je dois avouer que j’ai eu très peur après quelques chapitres de cet ouvrage. Je m’y perdais, ne comprenant pas en quoi la description des souffrances et des traitements d’un grand brulé avait provoqué chez elle cet engouement ? Comment cet homme narcissique, responsable en partie de ses souffrances, devenu un monstre, proche de la folie, et aspirant à la mort (qu’il pré-programme), allait parvenir à m’intéresser ?

Et puis, Marianne Engel est entrée tout à la fois dans sa chambre de souffrance et dans le cours de ma lecture ; même si initialement je n’ai vu en elle, qu’une folie  supplémentaire dans cet ouvrage. Folie ? Peut-être car Marianne est connue dans cet hôpital comme schizophrène, mais c’est cette folie que met Andrew Davidson en avant qui la rend intrigante, au même titre que les histoires qu’elle raconte à cet homme dont nous ne serons jamais le nom, mais qui en a eu bien d’autres par le passé si l’on en croit Marianne. Car c’est leur histoire d’amour que Marianne va finir par raconter, une histoire qui débute au XIVème siècle. Mais, pour en connaître tous les éléments, il vous faudra comme pour les « Contes des mille et une nuits » être patient… Mais la patience, vous n’en aurez guère besoin, car au même titre que cet homme brulé, Marianne fascine et on attend son retour, ses « inventions », et ses histoires en tournant les pages de plus en plus vite.

L’histoire d’amour est là, le questionnement sur la folie, la souffrance et les addictions également… des questionnements, des incompréhensions, mais avant tout une fabuleuse fresque qui demeure en parallèle si proche du quotidien lorsque vous raconte le service des grands brulés, les coûts que les traitements entraînent et l’aspect psychologique de la reconstruction face au regard des autres.

Alors oui cet ouvrage est vraiment différent, même s’il faut lui laisser le temps de vous apprivoiser à l’image de Marianne qui progressivement va réussir à susciter la curiosité et retrouver le chemin du coeur de cet homme détruit bien en amont de son accident.

 

Mais aussi, le très beau billet de Karine qui doit sa lecture à Book Lady.

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