https://i0.wp.com/static.decitre.fr/media/catalog/product/cache/1/image/9df78eab33525d08d6e5fb8d27136e95/9/7/8/2/2/6/7/0/9782267024036FS.gifPromenades avec les hommes / Ann Beattie. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Anne Rabinovitch. Christian Bourgeois Editeur, 2012. 109 pages

1980. Jane, brillante diplômée de Harvard, a connu son heure de gloire suite à une interview sur la jeunesse protestataire – dont elle fait partie – qu’elle a accordée au New York Times. Peu de temps après, Jane quitte la ferme du Vermont où elle vivait avec Ben, musicien et poète en herbe, pour s’installer à New York avec Neil, un professeur-écrivain beaucoup plus âgé qu’elle qui décide de prendre en main son éducation.
Ceci jusqu’au jour où elle découvre qu’il est marié et, contrairement à ce qu’il prétendait, ne passe pas ses nuits à écrire dans le cabinet de Tyler, son ami vétérinaire. Elle se sépare alors violemment de lui. Deux semaines après cependant, elle part le retrouver chez Tyler. Neil divorce, l’épouse et le couple mène une vie heureuse pendant quelque temps ; Jane est engagée par un réalisateur comme consultante pour le scénario d’un documentaire consacré à la jeunesse déshéritée. Mais la mort de l’ancien compagnon de Jane vient assombrir cet équilibre apparent.
Jane est rongée par la culpabilité, le regret. Quelques mois plus tard, Neil lui annonce subitement qu’il va “disparaître” définitivement. « Bien jeune pour être déjà veuve », Jane se retrouve seule avec le souvenir des deux hommes qu’elle a aimés, convaincue que son mari ne lui a jamais fait connaître son vrai visage et l’a toujours manipulée.

 

Oups !! Lorsque j’ai vu en 4ème de couverture un commentaire de John Updike, j’ai commencé à me méfier (oui lui et moi sommes rarement en accord, même si nous nous ne connaissons pas).

Pas vraiment un roman mais une longue nouvelle, pourquoi pas puisque le résumé m’avait intrigué et que je n’avais pas prêté attention à l’épaisseur du volume.

Verdict : une déception ! Je n’ai pas du tout adhéré au style de la narration, au jeu de la reprise des propos comme au reste. Si les personnages sont peu sympathiques, même Goodness n’est pas parvenu à éveiller de l’intérêt ou à défaut un peu de compassion, si l’histoire m’avait un tant soit peu accroché, j’aurais aimé les détester. Mais, rien ! Leur nombrilisme m’indiffère. Me plonger dans les états d’âmes d’une jeune femme et de son « pygmalion » m’ont laisser froides.

Que dire sur cette relation ? Rien ou si peu. Car si le sujet du roman semble bien être les relations de Jane avec cet homme, elle ne nous apporte guère plus que des clichés.

Le reste est constitué de brefs passages de son existence au coeur de cette relation, un peu d’avant et d’après. Mais rien qui me permette de voir en quoi cette relation, cet « apprentissage » lui aura appris quelque chose. La manipulation me direz-vous ? Et bien je trouve que cette centaine de pages et leur contenu la montre mais s’emmêle avant tout dans la petite vie de cette femme, sans réellement aller au coeur de son existence.  Les regrets sont sans doute bien mieux mis en avant. Mais notre existence n’est-elle pas faite de regrets ? De là à en faire ce livre, je reste sceptique.

Un dernier point, encore une fois négatif, : les références à des personnes, des talk shows sont soit trop datés, ou trop marqués Etats-Unis pour que cela me parle.

 

Anyuka vous rendra le sourire par quelques photos 🙂