https://i2.wp.com/static.decitre.fr/media/catalog/product/cache/1/image/9df78eab33525d08d6e5fb8d27136e95/9/7/8/2/2/2/1/1/9782221102091FS.gifLe maître / Colm Toibin. Traduit de l’anglais (Irlande) par Anna Gibson. Robert Laffont, 2008 (Pavillons). 425 pages. 4,5*

« A un moment, je me suis aperçu qu’un certain Henry James me trottait dans la tête et j’ai eu envie d’ajouter un peu de fiction à la vie de ce grand homme.  » C. T.

En 1895, à Londres, Henry James présente sa pièce Guy Domville. C’est un échec retentissant. Hué par le public, blessé, il se réfugie en Irlande pour se consacrer au roman… l’histoire racontée ici commence le jour de ce fiasco et explore les cinq années qui ont suivi, cinq années vouées à l’art, durant lesquelles James a écrit ses derniers chefs-d’œuvre. Mais à quel prix ? Le procès d’Oscar Wilde, la mort de sa sœur et, surtout, le suicide de son amie, la romancière Constance Fenimore, lui rappellent avec cruauté l’aridité de sa vie privée et son incapacité à aimer, hormis ses personnages. Pour devenir un tel génie, James devait-il refuser tout engagement amoureux et censurer ses sentiments? Y a-t-il vraiment dans l’art, comme le pensait le romancier, quelque chose que jamais une émotion réelle ne saurait atteindre? Biographie littéraire audacieuse, bouleversant hommage au grand écrivain, Le Maître est aussi un roman qui s’interroge sur les conflits entre création et vie quotidienne.

 

Comme je le disais dans mon billet précédent, j’enchaîne les ouvrages de Colm Toibin et, ai, sans le savoir, pris 3 ouvrages totalement distincts.

Que dire concernant Colm Toibin, que je n’ai pas encore écrit ? Il n’y a, pas grand chose à ajouter à mes précédents billets, si ce n’est que je suis totalement admirative par la manière dont il reprend les éléments de la vie d’Henry James, qu’il se glisse au plus près de lui, sorte de secrétaire-confident, double écrivain en nous rendant au mieux ces quelques années qui marquent cet auteur, dont j’ai découvert l’ampleur du travail, ses doutes, une partie de son existence tout en plongeant à ses côtés au tournant du XXème siècle, croisant les artistes, parfois leurs mécènes, le suivant de Londres à Venise ou à Rome, revenant sur ses jeunes années.

En effet bien qu’il ne parle que de 4 années (fort courtes) cela n’empêche pas Colm Toibin au travers des « souvenirs » d’Henry James de nous replonger dans sa jeunesse américaine, comme à ses premiers pas londonniens, d’abord en tant qu’enfant puis en ayant fait le choix de s’y installer.

Le tout montre la fragilité de l’homme, son travail d’écriture, ses sources d’inspiration réelles ou imaginaires, les réactions tant de son entourage que de lui même confronté au regard porté sur son travail mais également à ses tourments intérieurs comme à ceux plus terre à terre du quotidien : ses réactions confrontés au problème de sa cuisinière et de son époux. Un ensemble d’éléments qui, sans doute, nous permettent encore plus de nous imaginer lisant l’autobiographie d’Henry James ou de suivre des yeux son quotidien ou mieux de nous trouver plonger dans son esprit, particulièrement lorsqu’il se remémore, ses relations avec sa mère, ses souffrances personnelles liées aux personnalités de son père et frère ainé notamment.

Les femmes et leurs conditions sont loin d’être oubliées et c’est un véritable travail d’orfèvre qui montre au travers de différents personnages féminins qu’il ne fait pas bon de naître femme, d’avoir un minimum d’intelligence et de vouloir parler. Là n’est pas la place de la femme à qui on demande simplement de veiller sur la maisonnée et non pas de s’exprimer ou de vouloir argumenter : sa soeur, sa cousine et son amie Constance Fennimore notamment sont les exemples qui le marquent et ont certainement influencé ses « portraits de femme ».

A découvrir pour Henry James lui-même, pour Colm Toibin ou simplement pour lire une sorte de page d’histoire.

 

 

Le billet d’Enora,

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