https://i0.wp.com/storage.canalblog.com/14/52/341021/75851969_p.jpgUn Mois de Juin…. en Irlande !

 

https://i2.wp.com/static.decitre.fr/media/catalog/product/cache/1/image/9df78eab33525d08d6e5fb8d27136e95/9/7/8/2/2/2/1/1/9782221113493FS.gifBrooklyn / Colm Toibin. Traduit de l’anglais (Iralnde) par Anna Gibson. Robert Laffont, 2011. 314 pages. 4,

Enniscorthy, sud-est de l’Irlande, années 50. Comme de nombreux jeunes de sa génération, Eilis Lacey, diplôme de comptabilité en poche, ne parvient pas à trouver du travail. Par l’entremise d’un prêtre, sa soeur Rose obtient pour elle un emploi aux Etats-Unis. Poussée par sa famille, Eilis s’exile à contrecoeur. Au début, le mal du pays la submerge. Mais comment résister aux plaisirs de l’anonymat, à l’excitation de la nouveauté ? Loin du regard de ceux qui la connaissent depuis toujours, Eilis goûte une sensation de liberté proche du bonheur. Puis un drame familial l’oblige à retraverser l’Atlantique. Au pays, Brooklyn se voile de l’irréalité des rêves. Eilis ne sait plus à quel monde elle appartient, quel homme elle aime, quelle vie elle souhaite. Elle voudrait ne pas devoir choisir, ne pas devoir trahir.

 

Confronté aux conventions, à un climat familial qui la rassure et la porte, Eilis ne s’imaginait pas que sa vie puisse changer du jour au lendemain. Mais sa soeur, Rose, prend son destin en mains et lui permet d’obtenir une place aux Etats-Unis, à Brooklyn.

Pour Eilis, ce sera le grand plongeon vers l’inconnu. Mais, grâce à l’image permanente de sa soeur, à son éducation aux dernières heures passées en compagnie d’un de ses frères eux-mêmes exilés en Grande Bretagne afin de gagner leur vie et, enfin d’une rencontre sur le bateau qui l’emmène bien loin de ces habitudes et de sa famille, elle semble prendre le bon chemin.

Avec des mots simples, le tout finement amené, on sent très vite les émotions diverses qui entraînent notre jeune héroine, ballotée dans un monde inconnu, dans une terre étrangère, qui se raccroche à tout ce qu’elle peut afin de réussir et de tracer le chemin que sa soeur lui a montré, afin d’échapper à sans doute beaucoup plus qu’elle n’imaginait, dans sa vie pauvre mais entourée des habitants de sa ville d’origine.

Tout est admirablement retranscrit et Colm Toibin n’oublie pas de nous montrer les changements notables que Brooklyn subit. Les modifications des différentes vagues d’émigrations, le racisme sous-jacent que ce soit envers les italiens, ou les noirs. Chaque communauté se reconstruit dans cette terre d’exil et se raccroche à sa culture et fait face à ses peurs.

Mais là n’est pas l’objectif final de Colm Toibin qui va, une fois Eilis « adaptée » et adoptée à sa nouvelle ville, la refaire basculer vers son pays d’origine et son lieu de naissance suite à une tragédie familiale. Si nous avions eu l’occasion d’apercevoir la jeune Eilis, la rupture est encore plus flagrante après l’avoir vu se construire, s’adapter, aller de l’avant dans une terre inconnue. Elle semble redevenir par bien des côtés la jeune fille qu’elle fut. Néanmoins son aura d’américaine la suit et lui donne une assurance plus marquée par certains aspects. Elle n’en reste pas moins attaché à ses origines et le savoir faire de l’auteur est de la nous montrer se débattant entre ce « confort » de vie et celui qui l’attend si elle retourne aux Etats-Unis. 

L’ouvrage se lit d’une traite, sans temps mort. Il ne se veut pas historique à proprement parler, mais montre un instant T de l’histoire dans ces villes et la condition de la femme. C’est à la fois un cris de féminisme et parallèlement un constat sur la vie des femmes ; Eilin sait parfaitement qu’elle ne pourra plus travailler une fois mariée et mère de famille. Néanmoins elle ambitionne de faire quelque chose de ces études et de sa vie en sus de son état de mère de famille.

Le tout est de savoir faire le choix, le bon ? Nul ne le saura.

 

5*

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