https://i1.wp.com/www.decitre.fr/gi/89/9782264043689FS.gifWilt 4 : Comment échapper à sa femme et ses quadruplés en épousant une théorie marxiste / Tom Sharpe. 10/18, 2006 (Domaine Etranger). 259 pages. 4*

Loin d’être séduit par la perspective de vacances en famille, notre ami Wilt s’invente un cours de théorie marxiste pour échapper à l’embarrassante invitation d’un oncle américain.
Alors que sa femme et ses quadruplées s’envolent pour le Nouveau Monde, il décide de partir à l’aventure à travers l’Angleterre… L’occasion rêvée de nous offrir ce condensé explosif d’humour british, burlesque et caustique à souhait !  » Attention, danger ! La fréquentation du Britannique Tom Sharpe provoque une maladie incurable, particulièrement contagieuse, l’épilepsie hilarante. Tout ça à cause de romans délicieusement foldingues : un cocktail savamment dosé de burlesque, de delirium à la Ubu et de gaudrioles à la Mack Sennett.
A quoi il faut ajouter un sens redoutable de la satire, sous la plume d’un caricaturiste fielleux qui ne cesse de tailler des croupières à la perfide Albion.  » André Clavel, Le Temps

 

De manière étonnante, je n’avais jamais encore croisé les écrits de Tom Sharpe.

Revisitant l’humour et le flegme anglais, Tom Sharpe rhabille pour l’hiver quasi tous ces personnages que l’on peut souvent voir comme des caricatures de personnes ordinaires ou moins. Rien n’échappe à son humour corrosif qu’il s’agisse de la religion, de la sexualité, des organismes, des professions les plus diverses, il n’oublie rien et tout est utile à sa plume acérée et dédiée à nous faire rire ou grincer des dents pour les personnes les moins à même de rire de tout.

Chaque scène illustrant son propos prête à sourire, et la suivante entraîne le lecteur dans un univers burlesque, tragi-comique.

J’ai tout simplement adoré ces pauvres journalistes attaqués par deux chiens-chiens teigneux ; quant à leur maîtresse qui habille la scène afin de laisser croire qu’ils ont enfreint les règles de la propriété privée avant de « rappeler » par des moyens extrêmes ses chiens et de daigner appeler les secours, elle porte des casquettes toute plus invraisemblables les unes que les autres et affiche un quant à soi extraordinaire surtout lorsque l’on découvre tout son CV que l’auteur enrichit au fur et à mesure des pages.

Comme je le disais des caricatures, des faits totalement invraisemblables, des hasards de la vie qui font que Wilt est confronté à la police pour des enquêtes sur des meurtres réels ou non. Avec son air de benêt il se trouve entraîner dans des affaires qui le dépassent, pour lesquelles il n’a pas d’explication.

Il est sans doute le personnage le plus étonnant, notre ami Wilt, personnage principal et héros bien malgré lui qui se trouve entraîner dans des affaires abracadabrantes alors qu’il n’aspire qu’à une vie simple, facile, qu’il n’aura au demeurant jamais vu la personnalité de sa femme et de leurs quadruplées dont l’adolescence permet à l’auteur de partir vers des délires et des rires toujours plus énormes pour le lecteur : de charmantes petites pestes, prêtes à dénigrer tout leur quotidien et leur entourage avec déjà un art consommé du flegme britannique. L’auteur ose faire dire à ces charmantes demoiselles tout ce qui peut lui passer par la tête. Sous prétexte de devoirs scolaires, elles n’hésitent pas à interroger leurs oncles et tantes sur leur sexualité, le racisme ordinaire dans le Sud des Etats-Unis et j’en passe. Bien entendu l’apothéose sera d’enregistrer une pseudo scène amoureuse entre ces mêmes oncle et tante qui va vite se transformer en pugilat verbal. Du grand art ! 

Plus qu’à commencer par les premiers volumes. C’est où le chemin de la bibliothèque la plus proche ? ;0)

 

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