https://i0.wp.com/www.decitre.fr/gi/67/9782749118567FS.gifUn garçon si tranquille / François Chollet. Cherche Midi, 122 pages (Styles). 2011. 0,5*

« Elle allait mourir.
L’issue ne taisait aucun doute. Alexis attendait cet instant depuis le début, sans pouvoir s’y préparer. Maintenant il ne demandait plus grand-chose: « Encore une minute, monsieur le bourreau. » La minute de répit supplémentaire qui durerait plusieurs heures, tout ce temps en trop, inutile. Il avait appris à patienter et il n’avait plus rien à faire, qu’à laisser mijoter l’angoisse dans l’apnée de ses sentiments.
Ces derniers temps, le médecin l’avait chargé de la délicate mission de doser la morphine. Tâche douloureuse de la toute-puissance : Si vous sentez qu’elle a mal, appuyez ici. Mais, bien évidemment, cela accélérera la fin… Bien évidemment. Ce jean-foutre lui avait mis entre les mains un marché sans issue : la drogue la soulageait et la tuait en même temps. Pendant deux ans les médicastres les avaient traînés de « bien évidemment » en « je vais vous donner un conseil », sans jamais admettre leur incapacité à sauver sa mère.
Même pas en biaisant avec des mots décents ou courageux. Qu’on le prévienne une bonne fois pour toutes que c’était terminé ! Personne n’a le courage de l’annoncer. Ils avaient fini par le laisser tomber, cette fiole de morphine à la main, et quelques nuits d’hiver glacées devant lui », François Chollet.

 

Un livre contemporain comme je les déteste. Il me donne l’impression de jouer avec tous les interdits, les tabous de notre culture afin de mieux attirer l’attention des médias, d’envoyer des claques au lecteur à chaque page afin de lui montrer combien il sait être vulgaire, transgressif sous une plume calme via des phrases courtes.

Et pourtant, en cherchant plus loin que cette agression verbale qui, volontairement s’oppose au titre donné par l’auteur, j’essaie d’aller au-delà des mots, de revenir sur le sujet : la maladie, la perte de la féminité pour une femme via l’ablation d’un sein puis la mort. Sa vie que son accompagnant, son fils (le garçon tranquille) lui prend afin de la soulager en lui administrant la morphine propre à l’aider à atténuer sa douleur mais qui immanquablement l’accompagne vers la mort.Une mort trop hâtive pour lui qui semblait vivre en symbiose avec sa mère.

C’est aussi un regard douloureux de cet enfant / cet homme sur ce que fut son passé, le couple qu’elle forma avec son père, les non-dits, ce qu’il a pu entendre, ce qu’il croit deviner au milieu de cette famille âgée qui l’entoure, qui étouffe et s’étouffe.

D’une certaine manière également, sa quête de passer à l’âge adulte par toutes les transgressions, mais aussi par l’apprentissage de la vie en solo : apprendre à se nourrir seul, de vivre seul… Mais comment apprendre sa sexualité ? Comment redonner vie et grace à sa mère morte si brutalement pour lui et décharné ?

Il me tardait que ce livre finisse. Chaque page me désenchantait un peu plus. J’ai détesté.

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