https://i0.wp.com/www.decitre.fr/gi/35/9782714442635FS.gifLa maison des orphelins / Helen Dunmore. Traduit de l’anglais par Marc Amfreville.Belfond, 2007 (Les étrangères). 454 pages. 4*

Dans la Finlande de 1900, bruissante du vent de la révolte contre la Grande Russie, un roman poétique, délicat et fiévreux, la métamorphose amoureuse d’une adolescente et son parcours initiatique vers l’indépendance et la liberté.
Orpheline, la jeune Eeva est placée comme domestique chez Thomas Eklund, un médecin de campagne veuf. D’abord apaisée par la présence rassurante de cet homme réservé et bon, Eeva se sent bientôt étouffée par le jugement et les commérages des habitants du village. Désireuse de s’affranchir de son humiliante condition d’orpheline et de commencer enfin sa vie, elle part rejoindre Lauri, son ami d’enfance, à Helsinki.
Avec ce presque frère, elle voudrait une amitié différente. Mais Eeva peine à se faire une place dans le cœur de Lauri, accaparé par la lutte politique et par l’amitié jalouse de Sasha, un étudiant tenté par l’action révolutionnaire.

 

C’est une période et des faits historiques quasi inconnus pour moi que relatent à travers ce roman Helen Dunmore. Elle nous y plonge en nous narrant la vie d’Eeva que l’on découvre, tout comme le médecin Thomas, anonyme dans un orphelinat de campagne, loin des siens et de la ville-capitale qui l’a vu grandir, afin que les idées pernicieuses (politiques) puissent lui être enlevées. Mais les raisons de la présence d’Eeva nous allons les découvrir bien plus tard dans le roman, car l’auteur s’attache en premier lieu à décrire cette vie à la campagne au travers de ce médecin attaché à son isolement de médecin de campagne. En sus des événements historiques précédemment cités et qui seront ensuite approfondi dans le roman, l’auteur nous montre la misère affective qui règne dans cette contrée au sein d’une certaine bourgeoisie locale bien pensante. Intéressante mais bien vite survolée, une ébauche nous permettant de mieux comprendre l’attitude du médecin et de son entourage et qui vont nécessiter/influencer le départ d’Eeva sans être le propos premier de l’ouvrage ainsi que je l’ai mentionné.

Ce long passage à la campagne est également pour l’auteur l’occasion de nous faire une magnifique description du quotidien, de la beauté des paysages mais également de l’abnégation des femmes et de leur place dans cette société.

Le retour à Helsinki de notre héroïne permet d’avancer sur des chemins plus politiques, de montrer le contraste entre les deux univers campagne / ville, la pauvreté des ouvriers etc… et de leurs conditions de vie mais avant tout de la pression qu’exercent tant la Russie que la Suède. Elle est aussi l’occasion pour nous de suivre la romance entre Eeva et Lauri et les jalousies que leur passion et leurs souvenirs d’enfance suscitent notamment chez Sasha, être verbeux mais décrit avec habilité et que le lecteur déteste d’emblée. Qui est-il vraiment ? Vers quels parcours obscurs tentent-ils d’entraîner Lauri ?

Les questions se sont bousculées dans ma tête dans les derniers chapitres de cet ouvrage, mais les notions politiques m’ont semblé bien lointaines. Est-ce ma mauvaise connaissance dudit contexte politique ? Plus sûrement, j’ai eu l’impression que l’auteur a pris certains raccourcis afin de ne pas ennuyer son lecteur par trop d’éléments politiques,et que , volontairement, elle ne nous donne pas toutes les clés concernant ce personnage à double face qu’est Sasha.

C’est donc un peu sur ma faim que j’ai terminé ce roman après une somptueuse première partie et une superbe narration tant de la vie quotidienne que de l’enfance d’Eeva au travers de ses souvenirs et de l’image de son père qu’elle nous donne.

 

Un avis,

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