https://i0.wp.com/www.decitre.fr/gi/16/9782843375316FS.gifLe goût des pépins de pomme / Katharina Hagena. Roman traduit de l’allemand par Bernard Kreiss. Editions Anne Carrière, 2010. 268 pages. 4*

A la mort de Bertha, ses trois filles, Inga.
Harriet et Christa, et sa petite-fille, Iris, la narratrice, se retrouvent dans leur maison de famille, à Bootshaven, dans le nord de l’Allemagne, pour la lecture du testament. A sa grande surprise, Iris hérite de la maison et doit décider en quelques jours de ce qu’elle va en faire. Bibliothécaire à Fribourg, elle n’envisage pas, dans un premier temps, de la conserver. Mais, à mesure qu’elle redécouvre chaque pièce, chaque parcelle du merveilleux jardin qui l’entoure, ses souvenirs se réveillent, reconstituant l’histoire émouvante, parfois rocambolesque, mais essentiellement tragique, de trois générations de femmes.
Katharina Hagena nous livre ici un grand roman sur le thème du souvenir et de l’oubli.

 

Belle histoire que ce roman nous narre à travers la voix d’Iris qui démèle pour nous les fils du passé : histoire de ses grands-parents, de ses parents et de ses tantes. Le trait d’union ? Cette maison et les pommiers qui les entourent, mais pas seulement…. c’est toute la nature environnante à qui Katharina Hagena rend une certaine forme d’hommage, mais également les petits riens de l’existence, le quotidien de deux cousines et d’une amie qui participent à leurs jeux, au déguisement dans cette maison où tout est conservé, mémoire collective.

Cette mémoire qui, suite à une chute (est-ce vraiment la cause ?), se perd pour Bertha ; elle oublie sa vie d’antan, son présent, petit à petit ne sait plus, ne reconnait plus ses filles, pas plus qu’elle ne se souvient à quoi sert une paire de chaussette, pour finalement oublier à quoi sert de respirer. Cela pourrait être triste, mais c’est simplement le fil de la vie qui s’égrène devant nous, au fur et à mesure qu’Iris, elle, se remémore, les instants passés dans cette maison : heureux ou non. Qu’elle ordonne pour nous les faits, le passé de sa mère, de ses tantes, découvrant / redécouvrant ce qu’on lui a tu, caché ou simplement ce qu’elle ignorait du fait de son statut de benjamine de la famille.

Mais la mort et l’abandon de cette maison ne sont pas à eux seuls une fin, c’est également une renaissance pour Iris grâce à tout ce chemin. Des retrouvailles avec son enfance qu’elle avait enfouie depuis le décès de sa cousine, si proche et parfois si lointaine. La vie continue et avec elle, la vie de cette famille.

Un rien de tristesse vite dissolue par une histoire habilement menée qui nous entraîne à sa suite et qui m’a permis de me sortir provisoirement de ma panne de lecture. J’avais envie de savoir, non pas la chute qui me semblait évidente, mais le pourquoi/ comment de la mort de Rosemarie, sa cousine. C’est ce dernier fil conducteur qui nous mène et nous entraîne avec Iris sur les pas de sa famille.

Les descriptions sont belles à mes yeux et des petits gestes du passé m’ont parlé ; les souvenirs sont là, ou les faits du présent tout simplement. Et vous comment mangez-vous les pommes ? Dans ma famille, et plus particulièrement ma soeur, jusqu’au trognon… 😀 Et oui, l’auteur n’a rien inventé, des contemporains le font encore….