https://i0.wp.com/www.decitre.fr/gi/51/9782253128151FS.gifLà-haut vers le nord / Joseph Boyden. Nouvelles traduites de l’anglais (Canada) par Hugues Leroy. Le Livre de Poche, 2010. 316 pages. 5*

Là-haut, vers le nord de l’Ontario, vivent des femmes et des hommes, indiens pour la plupart.
Joseph Boyden évoque avec sensibilité leurs histoires singulières au parfum de légende : une jeune fille tombe amoureuse d’un loup ; un jeune homme prétend envers et contre tout être un ours … Ces nouvelles étonnantes de l’auteur du Chemin des âmes, mélange fascinant d’émotion, de violence et de poésie, dessinent les pleins et les déliés d’une communauté humaine.En quelques pages éclate tout le talent du jeune écrivain canadien aux racines indiennes : la dérision et l’ironie salvatrices ; l’humour à froid et l’incommensurable tristesse.
Martine Laval, Télérama.Là-haut vers le nord, au milieu du chaos, résiste toujours une lueur tendre, un clin d’oeil ironique, une parenthèse de délire ou de flamboiement lyrique. Magistral. Marie Chaudey, La Vie.

 

 

13 nouvelles, 4 cycles dont le dernier ressemble à un chant où, sur le fonds du suicide d’une jeune fille,  se font entendre 4 voix se répondant, faisant écho à ce que, tout au long de ce livre, Joseph Boyden s’est attaché : décrire la violence de la civilisation indienne confrontée à une civilisation voulant à tout prix l’occidentaliser, la glisser dans un moule qui ne répond en rien à leur culture. Tous les moyens furent bons pour briser les « fortes têtes » qui n’en demandaient pas tant.

Résultat : une civilisation qui se cherche, amère envers l’étranger, le blanc en qui la confiance ne peut plus exister. Une rébellion et une recherche de paradis artificiels tous plus destructeurs les uns que les autres : alcool, drogue, jeu etc…

Amer constat c’est certain mais tout l’ouvrage n’est pas aussi noir d’un bout à l’autre ; il va crescendo dans la noirceur, même si la souffrance de ce peuple, la pauvreté revient de manière inéluctable. C’est aussi et avant tout, un grand cri d’amour vers cette culture, l’héritage Crew à commencer par la langue tyrannisée, supplantée de manière obligatoire par l’anglais par un déni de la culture mais présenté comme une volonté d’intégrer ce peuple par les « civilisateurs ».

Las, les pensionnats n’ont pas seulement détruits les familles et la culture, ils ont confronté des générations à des perversions, des pédophiles, détruisant les futures générations physiquement et psychologiquement.

Alors oui, ainsi que je le mentionnais l’ouvrage est souvent sombre, et parfois, la larme est proche, mais il se veut également un recueil d’histoires, de références aux croyances indiennes, un retour à la  transmission orale de ces histoires, des savoir faire, de l’entraide entre la famille et les membres élargis de la communauté. Nul besoin de la religion pour appliquer cette réalité ! Mais, XXème siècle ou pas, les hommes de dieu s’imaginent tout savoir et ne supportent pas que les croyances et les savoirs ancestraux puissent dépasser ce en quoi ils croient. Quel dommage qu’ils oublient leur fonction première : l’écoute ; sans doute le mal aurait pu être un peu moindre sur certains points. 

Joseph Boyden sait à merveille nous raconter tout cela. Merci à des auteurs comme lui qui on sut retrouver leurs racines afin de mieux nous les faire comprendre.


La belle critique de Martine Laval (Télérama ; et moi qui pensais ne jamais être d’accord avec ce magazine) à qui j’aurais aimé volé tous les mots et même la citation de l’ouvrage qu’elle donne 🙂

InColdBlog qui m’a permis de découvrir cet auteur – Merci !!! –

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