https://i1.wp.com/www.decitre.fr/gi/02/9782092513002FS.gifLes enquêtes d’Enola Holmes. 1. La double disparition / Nancy Springer. Traduit de l’anglais par Rose-Marie Vassallo. Editions France Loisirs, 2010. 247 pages. 4*

Ma mère m’a appelé Enola, qui, à l’envers, se lit alone,  » seule  » en anglais.
Et lorsque Mère disparaît, le matin de mon quatorzième anniversaire, c’est bel et bien seule que je me suis retrouvée. Appelés à l’aide, mes frères Mycroft et Sherlock Holmes – oui, le célèbre détective – n’avaient en fait qu’une idée en tête : m’envoyer en pension pour faire de moi une lady. Mais, me refusant à accepter ce sort, je décidai plutôt de prendre mon destin en main et de me lancer, seule, à la recherche de ma mère.

 

Comment susciter ma curiosité (et celle de bien d’autres lecteurs, j’en suis certaine), en renouvelant le « mythe » Sherlock Holmes ? Simplement par une idée adaptée à la jeunesse : créer une jeune soeur au héros national anglais et en faire elle-aussi, par la force des choses, une enquêtrice.

C’est grâce à Papillon que j’ai découvert cette série, elle fut la première à m’en parler, soutenue dans ses propos par Chiffonnette. Enquêtes, lecture jeunesse, Holmes… tous les éléments étaient là et je savais, qu’un jour ou l’autre, j’allais finir par craquer. Et voilà ! 😀

Sans doute ce premier opus n’est-il pas le plus simple à lire, mais en même temps il est la base même du lancement de la vie de Enola Holmes. Adolescente indépendante et libre, vivant à la campagne, au matin de son 14ème anniversaire, elle découvre la disparition de sa mère. Nul besoin d’être Sherlock pour comprendre les raisons de cette disparition, il est surtout nécessaire d’être une femme et de ne pas vivre à la fin du XIXème siècle – je ne puis vous en dire plus sans déflorer une partie de l’intrigue -. 

Avec beaucoup d’intelligence Nancy Springer explique doctement la situation juridique, la place de la femme dans la société et plus encore dans la bonne société anglaise de cette fin de siècle. En quelques pages, elle crée sous nos yeux son personnage : Enola passe du rôle d’une gamine un peu rêveuse à une jeune héroïne marquée par la vie et obligée de se prendre en mains.

En disparaissant de sa vie, sa mère l’entraîne vers son indépendance et vers une réflexion non demandée aux jeunes femmes de cette période. Bien entendu, les accrocs de Sherlock ne doivent pas s’attendre à des enquêtes similaires, mais le cheminement du raisonnement suit son cours et me semble parfaitement répondre à de jeunes lecteurs. Pour ma part, comme bien souvent lorsqu’il s’agit d’oeuvres jeunesse, je suis conquise et vais poursuivre ma lecture, avide de savoir comment notre jeune héroïne va déjouer la ruse de son frère grâce à sa propre intelligence et parvenir à conserver cette nouvelle indépendance.


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