https://i2.wp.com/www.decitre.fr/gi/52/9782253004752FS.gifLes Hauts de Hurle-vent / Emily Brontë. Commentaires de Raymond Las Vergnas. Traduction de Frédéric Delebecque. Préface de Michel Mohrt. Le Livre de Poche, 2009 (Les Classiques de Poche). 413 pages. 4*

Les Hauts de Hurle-Vent sont des terres balayées par les vents du nord.
Une famille y vivait, heureuse, quand un jeune bohémien attira le malheur. Mr. Earnshaw avait adopté et aimé Heathcliff. Mais ses enfants l’ont méprisé. Cachant son amour pour Catherine, la fille de son bienfaiteur, Heathcliff prépare une vengeance diabolique. Il s’approprie la fortune (le la famille et réduit les héritiers en esclavage. La malédiction pèsera sur toute la descendance jusqu’au jour où la fille de Catherine aimera à son tour un être misérable et fruste.
Ce roman anglais, le plus célèbre du XIXe siècle à nos jours, a été écrit par une jeune fille qui vivait avec ses s?urs au milieu des landes de bruyère. Elle ne connut jamais cette passion violente ni cette haine destructrice. Elle imagina tout, même le fantôme de la femme aimée revenant tourmenter l’orgueilleux qui l’a tuée.

 

Comment vous avouez mon inculture ?

J’avais déjà dit n’avoir jamais lu Austen ici (je me suis rattrapée depuis ;-D) et bien, figurez-vous que les Brontë étaient également totalement passés à la trappe en ce qui me concerne. Peur d’un classicisme, de je ne sais quoi… Avant de me plonger (un jour) dans Jane Eyre etc. voici ma lecture des Hauts de Hurlevents (oui moi j’ai envie de l’écrire ainsi , n’en déplaise au traducteur) achevée.

Premier constat. Je discutais de mes lectures la semaine passée avec une amie et lui racontais cette lecture ébauchée en parallèle avec d’autres. Primo, stupeur de la personne devant mon manque évident de classique. Secondo : elle me dit l’avoir lu ado et dévorée et trouvait incroyable que je puisse lire autre chose après avoir ouvert ce roman.

Et bien cela ne m’a absolument pas dérangé et si j’ai trouvé le texte de très belle qualité, je suis navrée de dire que je ne m’en suis pas entichée – Est-ce l’âge docteur ?, – Un manque de midinette attitude ?

Deuxièment, avant de rédiger ce billet, je me demandais bien comment les lecteurs de la blogosphère pouvaient évoquer cette lecture, me doutant que la référence faîte à cet ouvrage via une célèbre saga allait donner du blé à moudre. Et bien je me suis bien amusée 🙂

Quand je lis que le style est difficile cf « C’est une écriture très difficile, genre littéraire là« , vous comprenez mieux mon sourire narquois*.

Non il n’est pas ardu ce texte, seulement il n’est pas écrit de manière linéaire, ce qui gêne parfois les « jeunes » lecteurs. Il faut le percevoir comme un jeu de flash back grâce au récit de la gouvernante, Nelly Dean. Ce récit est entrecroisé par le présent : l’année 1801 et verra sa conclusion en 1802 par un retour à la réalité et aux faits qui se sont écoulés trois mois plus tôt.  La complexité peut apparaître dans les alliances et prénoms donnés aux enfants qui fait se perdre l’étranger à qui cette histoire est racontée et nous aussi, au début de l’ouvrage. Mais peu à peu les choses se mettent en place et la narration chronologique nous permet d’y voir plus clair.

C’est un texte marqué par son temps, mais sans doute novateur, par la narration (une nouvelle fois), par l’apport du « fantastique », par les caractères sanguins des personnages, et par la démonstration de la cruauté sous différentes formes, du machiavélisme : enfant, adolescent, homme, femme ; aucun personnage n’est épargné. Emily Brontë montre l’être humain sous de noirs desseins, dans sa passion comme dans le sadisme même. C’est sans doute ce qui lui fut, en son temps, le moins pardonné.

Il s’agit bel et bien de passion, quasi démoniaque, dans un microcosme qui se réduit à 3 familles et quelques personnages externes : Mr Lockwood, faire valoir qui nous permet de connaître cette histoire. Mrs Dean, la compagne de jeu, la gouvernante qui joue un rôle parfois ambigüe. Joseph, dont la figure antipathique et ses sermons-jurons m’a parfois semblé pire que Heathcliff, si ce n’est que lui n’a pas reçu au début de sa vie une éducation ; il n’en reste pas moins une autre facette négative de l’être humain.

Je ne vais néanmoins pas passer tous les personnages en revue car vous les connaissez sans doute mieux que moi 🙂

C’est un récit riche et prenant, mais qui ne m’a certainement pas autant emporté, au vu des échos des un(e)s et des autres. Tiens d’ailleurs, je me demande bien ce qu’en pense les hommes qui l’ont lu ?

 

*Au moins cette personne en parle avec ses mots pas comme chez des « adultes » qui critiquent l’ouvrage en paraphrasant les commentaires présentés en postface à l’ouvrage, s’irrite que cet ouvrage soit revenu sur les présentoirs grâce à la série Twilight, et s’attendent à ce que les adolescents soient déçus. Et bien si j’en crois les billets, forums : 1) Cela a permis à un public de découvrir ce roman. 2) Même si tous n’ont pas la même aisance de lecture ou de compréhension du texte, il restera une lecture non obligatoire ce qui permet de laisser des traces plus positives.

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