https://i0.wp.com/www.decitre.fr/gi/86/9782070618286FS.gifLe chaos en marche. Tome 1 : La voix du couteau / Patrick Ness. Traduit de l’anglaispar Bruno Krebs. Gallimard Jeunesse, 2009. 441 pages. 4,5*
C’est l’année de ses treize ans et, dans un mois, Todd Hewitt va devenir un homme.
Il est le dernier garçon de Prentissville. Cette ville de Nouveau Monde est uniquement peuplée d’hommes. Depuis longtemps, toutes les femmes et les enfants ont disparu. A Nouveau Monde, chacun peut entendre les pensées des autres, qui circulent en un brouhaha incessant, le Bruit. Nul ne peut échapper au Bruit, nulle part, jamais…

! La catégorie dans laquelle j’ai choisi de classer ce roman s’attache avant tout au fait que cet ouvrage a été écrit pour la jeunesse. S’il s’agit bien, par sa forme, d’un roman initiatique selon bien des points de vue, ce roman ne s’adresse néanmoins pas à toutes les tranches d’âges : plutôt des adulescents tant par le fonds que par la forme.
Le moins que l’on puisse dire c’est que ce roman vous accroche. Il vous fait partager une quinzaine de jours de la vie de Todd Hewitt, qui est à 27 jours de devenir un homme. Ces 15 jours vont se dérouler à une vitesse qui restranscrivent bien le « combat » de Todd à la fois d’un apprentissage en accéléré et de sa fuite vers Haven, la ville qui selon tous doit l’aider ainsi que celle qui fut le détonateur de sa fuite….
A travers les yeux de Todd, comme lui et avec un regard extérieur qui nous permet d’anticiper des réponses à ses questions, nous découvrons qu’il n’a vécu, jusqu’alors, que sur des mensonges en vivant dans la bulle qu’était Prentissville : ville qui semblait vouer à disparaître et qui n’est jamais qu’un immense détonateur n’attendant que l’étincelle pour donner à son dirigeant le top départ vers son ambition suprême. Mais nous n’en sommes pas encore là car ce volume est le premier d’une trilogie.
Patrick Ness nous « embrouille » l’esprit à l’image de celui de Todd, nous embarque dans un monde parfois imaginaire, parfois fort proche de nous, permettant à ses plus jeunes lecteurs de pouvoir s’identifier à son héros, à suivre le chemin qu’est celui du passage à l’âge adulte.  Il permet de parler du libre-arbitre, d’apprendre à chacun à raisonner en fonction des faits et non pas de ce que les autres lui ont appris, de l’influence religieuse et personnelle d’êtres charismatiques ou simplement dominateurs.
Cet ouvrage est fort riche et ne fait pas abstraction de la violence sous toutes ses formes : une violence, que chacun est libre, une nouvelle fois, d’assouvir ou pas. Mais Todd est plus complexe qu’il n’y parait et en dépit de son ignorance, apprend et sera aider en cela par les rencontres effectuées tout au long de son chemin.
Ce livre n’est pas forcément aisé à suivre par un vocabulaire maladroit, celui de Todd qui n’a ni appris à lire, ni à écrire, et devant les hésitations et les chausses trapes qui se dressent continuellement devant lui : voilà toute sa force à laquelle je dois ajouter pour ma part, l’attente concernant la loi, de savoir ce que contient le livre de sa mère etc. , un enchaînement ultra rapide des événements qui fait que le lecteur n’a pas le temps de s’ennuyer et qui se termine de manière tout aussi haletante, qui vous donne envie de connaître la suite.
Argg !!! Où sont les traductions des 2 autres volumes ? Je ne me sens absolument pas capables de les lire en anglais cf. le vocabulaire très personnel de Todd.

Merci à Fashion pour le prêt. Son billet est ici.

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