https://i2.wp.com/www.decitre.fr/gi/12/9782205062212FS.gifLe tour  des géants / Nicolas Debon. Dargaud (Long courrier), 2009. 78 pages. 4,5*
Ce matin de juillet 1910, ils sont plus de cent à se presser au départ du Tour de France cycliste. Quatre semaines plus tard, seuls 41 rescapés en franchissent la ligne d’arrivée. Entre-temps ils ont enduré la pluis, la boue, la poussière, les chutes, les sabotages et les sempiternelles « perçures » sur des chemins de terre… Une épopée démesurée, émaillée d’humour et de drame, qui évoque un autre temps : celui des Géants de la route.

Objet d’articles incendiaires ces dernières années en raison notamment de la multiplication « des affaires de dopage », Le tour des géants illustre les débuts du Tour de France sous la plume de Nicolas Debon. Il nous plonge dans l’univers des premiers tours de France à l’aube du XXème siècle, l’auteur ayant choisi de retracer l’épopée de 1910, année de l’apparition de la haute montagne avec le Tourmalet, l’Aubisque etc…autant de sommets devenus mythiques désormais.  Un tour particulier pour bien d’autres raisons car il fut le premier qui vit s’affronter pour la première place 2 hommes à la volonté de fer : François Faber et Octave Lapize.
Sur 110 coureurs au départ, seuls 41 rescapés le finirent ; un tour où les intempéries furent des obstacles non négligeables, mais pas les seuls. Quatre semaines de lutte entre des hommes et la vie quotidienne, des hommes qui sont bien loin de connaître les conditions de courses que vivent les Cantador,  Schleck, Armstrong,… en ce XXIème siècle. Nulle assistance technique : ils doivent eux-mêmes réparer leurs machines, boyau crevé ou blessure physique aucune autre alternative que celle de poursuivre jusqu’au prochain point de contrôle ou le finish. Les premiers braquets sont en test sur de rares machines, les départs se font de nuit à la seule lueur de la lune, pas de policiers pour leur indiquer le bon chemin à suivre, seul le hasard et les rencontres avec les autochtones peuvent parfois les aider, les ravitaillements sont inexistants, et rares les équipes sportives disponibles pour les soutenir moralement et techniquement. Et le dopage ? Et bien oui, il est déjà présent d’une manière ou d’une autre . Chacun y va de sa petite formule personnelle : goutte dans les bouteilles de ravitaillement, ether, médicaments dédiés aux sportifs, déjà la pharmacopée trouve sa place pour résister aux
4 735 kilomètres, mais c’est encore l’alimentation : côtellettes, oeufs, citron pour la soif ou les remèdes de bonne femme qui règnent, et surtout une volonté sans faille qui leur permet hier et aujourd’hui de venir à bout de ces étapes souvent à la limite de leurs forces.  
Adepte ou pas de la petite reine, chacun est à même de trouver dans cette bande dessinée des faits oubliés, un certain idéal sportif, le quotidien des forçats de l’épreuve qui courrent avant tout pour eux-mêmes, pour gagner la reconnaissance de leurs pairs et afin de  se faire un nom qui leur permetra, ensuite, de monter leurs affaires. Beaucoup d’amateurs, bien peu d’élus. C’est avant tout des faits historiques qui nous sont rendus gràce à la plume de N. Debon.
Je ne suis pas une adepte de ce graphisme, mais suis réellement sortie enchantée des pages parcourues.

D’autres avis : ici, , pro, illustré
 

L’ouvrage se décompose ainsi :
Préface de Serge Laget (journaliste sportif ; le journal L’Auto fut un soutien important pour Le Tour de France).

Prologue.
1. Paris-Roubaix, 268 km
2. Roubaix-Metz, 398 km
3. Metz-Belfort, 259 km
4. Belfort-Lyon, 309 km
5. Lyon-Grenoble, 311 km
6. Grenoble-Nice, 346 km
7. Nice-Nîmes,  345 km
8. Nîmes-Perpignan, 216 km
9. Perpignan-Bagnères-de-Luchon, 289 km
10. Bagnères-de-Luchon-Bayonne, 326 km
11. Bayonne-Bordeaux, 269 km
12. Bordeaux-Nantes, 391 km
13. Nantes-Brest, 321 km
14. Brest-Caen, 424 km
15. Caen-Paris, 262 km
« La vie après le tour » (Je ne me souviens plus si l’auteur a donné un titre à cette partie)

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