Indomptable Angélique / Anne et Serge Golon. J’ai Lu, 1988. 718 Pages
Alors qu’elle allait rejoindre son mari, le comte Joffrey de Peyrac, le mystérieux ressuscité échappé aux flammes du bûcher, Angélique a été capturée par les Barbaresques.
Devenue la propriété de Moulay Ismaël, elle connaît l’esclavage le plus odieux dans le harem de ce jeune souverain musulman, contemporain de Louis XIV, prince cruel et raffiné, ivre d’orgueil et de puissance. Chez les belles captives qui vivent dans l’attente des caresses de leur maître et la crainte de ses colères, le goût de la volupté et celui du sang mêlés créent d’étranges langueurs..
Angélique, éternelle insoumise, décide de s’échapper de ce sérail d’où jamais une femme n’est sortie et d’affronter les pièges brûlants du désert pour recouvrer sa liberté perdue à la recherche de l’amour.


Devant mon impatience, Caro[line] a eu la gentillesse de me prêter son livre avant d’entreprendre sa propre lecture. Guère récompensée par cette initiative, car j’ai un peu traîné cette fois …
Si vous lisez la 4ème de couverture, il faut d’abord que vous sachiez que ce résumé (harem et évasion) ne concerne à peine que la moitié de l’ouvrage. Il est certain que de voir notre héroïne aux prises avec un sultan est plus tentateur pour une suite lol.
Dans les premières pages nous découvrons Angélique à Paris, isolée, surveillée par la police du roi devant lequel elle ne souhaite plus paraître, toute accaparée de découvrir ce qu’il est advenu de son mari « le grand boiteux du Languedoc ». Elle essaie de discerner comment il a réussi à s’échapper et de découvrir où il réside.
Bien entendu, cette quête l’amène à aller contre la volonté du Roi et, mystérieusement aidée par son fils, elle fuit Paris pour se rendre à Marseille. Elle y retrouve Savary et sa moumie qui sera tout au long de ces aventures un précieux allié.
Si dans le volume précédent, les auteurs nous donnaient une leçon d’histoire concernant la Cour de Louis XIV, c’est dans le domaine maritime que se porte notre première leçon.
Vous saurez tout de la constitution des équipages militaires ou plus généralement rencontrés en Méditerranée en cette période.
Cette partie en compagnie du frère de la Montespan m’a parue un peu longuette, mais naufrages, galériens, trahisons de toute nature ont vite repris le dessus et j’ai retrouvé mon enthousiasme de lecture.
Que d’aventures !!! Rien n’est épargnée à cette femme qui, il est vrai, aime se confronter au danger, avide de retrouver son balafré. Néanmoins, elle n’en reste pas moins femme et les soupirants ou soudards s’accrochent à elle.
Vendue une première fois au marché de Candie (la Crète et le marché d’Héraklion si j’en crois Wikipédia (quand je vous répète que ces romans sont des pages d’histoire !)), elle échappe au harem grâce au Rescator, mais toujours entreprenante, elle prend la fuite. Après un détour auprès des chevaliers de Malte, un nouvel épisode la conduit au marché d’Alger  et, après sa rencontre avec le Grand Eunuque Osman Ferradji, esprit éclairé qui aide son maître à gouverner, dans le harem de Moulay Ismaël qu’elle n’aura à coeur que de fuir. Ces pages sont l’occasion pour les auteurs de montrer la confrontation religieuse entre maîtres et esclaves et les conditions de vie des uns et des autres ainsi que la position hasardeuse des juifs.
Grâce à ces derniers, à son ami Savary et à un nouveau personnage masculin, Colin Paturel qui devrait permettre à la gente féminine (le lectorat de ces romans, ;-D) de se pâmer devant tant de force et d’abnégation, Angélique va tenter et réussir – vous vous en doutez, ce n’est pas vraiment un spoiler, sinon adieu la suite de la saga romanesque -, mais cette fuite sera une étape plus difficile que ce qu’elle a connu jusqu’alor : elle va perdre certains compagnons de voyage, connaître la faim, la soif et des blessures tant physiques que morales.
Voilà, après plus de 700 pages Angélique a décidé de tourner la page et de rentrer chez elle. Ses expériences en Méditerranée et particulièrement par rapport à la vie féminine dans le monde maritime et musulman lui font aspirer à une vie synonyme de liberté, mais Louis XIV en a décidé autrement….

Nos amies québecoises poursuivent leur lecture et me précèdent : Pimpi, Karine ;-D
Ce livre retourne chez sa propriétaire qui s’impatiente, tout comme Tamara.

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