L’Autre Editions, cette jeune maison d’éditions revendique des relations différentes avec ses auteurs et son public par sa démarche commerciale, mais également au travers des écrits qu’elle propose. Sans doute est-ce à partir de cela qu’elle a laissé libre cours à l’écriture de John Marcus pour écrire « une nouvelle forme de policier ».
Rien de nouveau sous le soleil en ce qui concerne la formule puisque nous suivons une équipe de la PJ avec des gueules, parfois un peu stéréotypées, mais néanmoins auxquelles le lecteur pourrait s’attacher. Et c’est bien sur cela qu’auteur et éditeur comptent en nous donnant plusieurs fois des références à des ouvrages avec les mêmes protagonistes « A paraitre ».
Lorsque je parlais de nouvelle forme, je voulais parler de l’écriture du roman. En plus d’une enquête, les instigateurs du genre semblent vouloir nous en donner pour notre argent et glissent tout au long des quasi 500 pages, de longs apartés ressemblant forts à des documentaires. Ainsi vous saurez tout sur les marges arrières, sur la construction du « premier hypermarché Rond-Point de Sainte-Geneviève-des-Bois, ville de banlieue située à une trentaine de kilomètres de Paris (…) », sur le nombre de ses places de parking, comment cette idée d’implantation est venue aux deux fondateurs etc…
« Polar sociétal » (terminologie de présentation visible sur le site de l’éditeur) ne veut pas dire pour moi bavardages et longs laïus qui parfois me font perdre le fil de ma lecture ou m’ennuient. Lorsque je souhaite lire un polar, je le prends pour cela. Si j’apprends des choses en sus tant mieux mais je ne souhaite pas pour autant connaître toutes les ficelles économiques du PAF (paysage audiovisuel). Certains personnages secondaires ne semblent là d’ailleurs que pour pouvoir introduire davantage de détails, exemples. Le cas de Madame Vauthier / Michu  me semble l’exemple type. Que nous apporte son évanouissement, si ce n’est un raccourci de l’auteur pour se débarasser d’elle, une fois son chapitre sur les hypermarchés terminé !
C’est d’autant plus dommage que les notions économiques contemporaines étaient intéressantes du fait notamment de l’actualité récente : la diminution de la publicité à la télévisions, le problèmes des tunnels de pub, l’affrontement des chaînes télévisées, la revendication des fournisseurs par rapport aux marges des distributeurs… (oui les sujets ne manquent pas comme vous pouvez le voir)
A trop vouloir nous donner de l’information John Marcus nous noie parfois. Du coup, l’enquête ne devient quasi qu’un prétexte et la lectrice que je suis termine son livre en soupirant et en se demandant si la ligne éditoriale sera conservée et si elle aura le courage de réessayer un ouvrage de cet éditeur.
Un roman plus condensé aurait davantage répondu à mes attentes.

L’avis de Xiane, Katell

L’éclat du diamant / John Marcus. L’Autre Editions, 2009. 465 pages. 2*
« Quel peut bien être le rapport entre l’assassinat du journaliste Frédéric Carloni en plein Pigalle, une bande de vampires assoiffés, un groupe international de communication et Gorgonzola, un petit singe de la tribu des Hominini ? »
C’est sur ces questions que s’ouvre la singulière enquête de ce polar à l’écriture cinématographique. Véritablement immergé au cœur du célèbre « 36, quai des Orfèvres », au sein de l’équipe du commissaire Delajoie, vous serez entraîné, meurtre après meurtre, dans une marche trépidante à travers les hauts plateaux de la publicité, de l’image et de la grande distribution. Une quête de vérité, semée de morts et de fantômes, où la violence des crimes se heurtera à la brutalité ordinaire du quotidien, où les évidences se transformeront rapidement en leurres. Vous voilà donc prévenu : on ne pénètre pas impunément dans la Maison de la mort.

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