Ce roman est le premier de la nouvelle collection « Littératures » de la maison d’édition Aux forges de Vulcain. Elle a été fondée en 2007 et est une association.
Si vous souhaitez en savoir plus sur leur projet éditorial ou sur pourquoi Vulcain :)), suivez les liens ou leur blog.
Je crois que cette maison d’édition est avant tout amoureuse de la plume et de la lecture et, je leur souhaite bon vent (pas trop fort, juste de quoi alimenter convenablement la forge, cela va sans dire).

C’est grâve à leur volonté de partage et à B.O.B. que j’ai reçu le premier volume de la collection. Merci à eux.

Contretemps / Charles Marie. Aux forges de Vulcain, 2009. 163 pages
« Assis par terre dans sa chambre devant le thé au goût de vieille terre moite qu’il affectionnait, il méditait sur la meilleure façon de retrouver le disparu. Ce qu’il lui fallait, c’était une méthode. Une méthode de recherche. Comme il n’avait jamais cherché à retrouver personne auparavant, il prit pour point de départ l’agonie familière que lui infligeait la disparition quotidienne de ses clés, évaporées. Il retournait alors chaque objet de son appartement, soupçonnant des pires conspirations des recoins où il n’était pourtant jamais allé, en découvrant ainsi beaucoup de nouveaux, les retrouvant finalement, le plus souvent dans sa poche, parfois sur la porte, du coté extérieur. Il décidait alors, épuisé, de remettre ses projets à plus tard et de demeurer à l’intérieur pour le moment. Il était le genre d’homme à qui l’expérience n’apprend jamais rien. Ce qu’il savait, il le savait d’instinct ou du fait de ses lectures, mais ce que le monde tentait de lui enseigner par les événements, il l’oubliait toujours. »

Dubitative !!
Voilà mon premier sentiment lorsque j’évoque les premiers chapitres de ce livre. Où l’auteur veut-il nous entraîner ? Est-ce un exercice de style pour lequel je ne suis pas faîte ou auquel mon esprit reste totalement fermé ?
Puis, tout « s’éclaire ». Je me laisse prendre au jeu. La musicalité de certains passages me poussent toujours plus loin dans ma lecture, mais je cherche néanmoins à savoir l’auteur veut m’entraîner. (Comme d’habitude je cherche à résoudre le livre avant de l’avoir terminé, mais tout n’est pas si simple :s). Après m’avoir emmené fort brièvement à Florence – ai-je rêvé car je ne l’ai guère reconnu cette ville que j’aime pourtant sous ses différentes facettes ? – je suis Melvin Epineuse (son personnage) à Budapest où il évoque les bains Gellert avant de se rendre aux thermes Szechenyi. Une nouvelle fois, un petit tour et puis s’en va… Nous voici à Paris.
Etrange mais fascinant roman comme peut l’être ce Melvin dont on saisit par bribes, une partie de l’histoire et pourquoi, sur un simple coup de fil il se met à la recherche de son ami Bruno.
Mais à force de vouloir laisser faire le hasard cher à Melvin, de créer de nouvelles pièces, l’auteur semble perdre le fil de son sujet et mon attention s’étiole parfois.  A force d’accumuler les idées ce n’est pas 160 pages qu’il aurait fallu !
Sa chute est similaire en cela au roman : il nous apprend les circonstances de la disparition de Morgane (et non pas, Cassandra), la femme aimée par Melvin, mais son verso et la présence d’Hector laisse « une fin ouverte » qui ne m’apporte pas la chute que j’attendais. Me revoilà à mon point de départ.

(…) « Il porta le verre à ses lèvres et trébucha. C’était un Montrachet, sans aucun doute, et l’un des meilleurs qu’il eut goûtés. Le vin était si noble et si long, les reflets mordorés de sa robe si profond et ses jambes si délicates qu’il crut tomber amoureux une fois de plus.
Parfois il tombait ainsi amoureux d’êtres inanimés, ce qui lui apportait quelques problèmes ainsi que de grandes satisfactions. La dernière fois que cela lui était arrivé, c’était à Strasbourg, devant la jeune fille aux yeux d’or de Renoir. Il était resté là-bas une semaine, lui rendant visite tous les jours avec l’assiduité fébrile d’un jeune soupirant. (…) »
pp. 56-57
Encore un verre (coïncidences lorsque tu nous tiens, lol)
(…) »Après avoir tout préparé, Melvin tendit son verre et contempla le trouble qui se répandait en son sein sous la forme d’un nuage irrésistible opacifiant peu à peu son contenu émeraude. Quand il ne demeura plus aucune trace de transparence, il porta le verre à ses lèvres, frissonnnant sous l’effort qu’il faisait à chaque instant pour réprimer ses pensées et sentiments. Il voulait en boire jusqu’à ce que ne coule plus dans ses veines que du jade liquide et froid, le prétrifiant peu à peu jusqu’à lui donner l’indifférence superbe des marbres ou des vieux arbres. » (…) p. 74

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