La simple lecture du titre de ce court roman vous donne froid dans le dos ?
Comme je vous comprends.
Et la 4ème de couverture n’arrangeait en rien mon angoisse à l’idée d’ouvrir ce livre qui représentait pour moi, non seulement la mort (peur universelle pour notre société), mais surtout, l’incompréhension pour ce choix, pour ceux qui restent.

Je ne suis pas là pour juger le suicide, et nul n’est le propos de ce livre qui est, rappelons-le, une oeuvre de fiction, mais ayant été confrontée à ce choix de départ de proches, l’appréhension n’était guère loin…
Grâce à la plume de Jean Teulé, à son imaginaire, vous oubliez la tristesse  qui touche l’entourage (à une exception mais qui passe dans votre lecture), et vous vous trouvez entraîner dans une sarabande, dans une folie qui à cette heure me fait penser à Saint-Saens et au Carnaval des animaux : Fossilles ; pied de nez incontournable et sourires assurés.
Bref, je me suis laissée embarqué dans cette histoire dès le premier chapitre et n’ai pu m’empêcher de sourire à l’évocation de cette drôle de famille au service des suicidés, dont l’héritage commercial semble se transmettre via les gênes, à une exception prêt. Et oui, il faut bien un vilain petit canard dans une famille :s
C’est là la place d’Alan, l’heureux enfant de la famille par qui tout va arriver. Mais quoi ? C’était bien la question que je me posais. Par quelle pirouette l’auteur allait-il nous modifier le cours de l’histoire (car il semblait évident que tel était son but ! ) ?

Autant j’étais ravie par les 100 premières pages et devant ce livre qui filait je me disais que Jean Teulé aurait pû faire plus long pour mon plus grand plaisir, autant j’ai finalement trouvé quasi poussifs ces derniers chapitres, et l’opposition extrême imaginé par l’auteur. Par contre la dernière phrase m’a surprise !

Le magasin des suicides / Jean Teulé. Pocket, 2008. 157 pages
Vous avez raté votre vie ? Avec nous, vous réussirez votre mort ! Imaginez un magasin où l’on vend depuis dix générations tous les ingrédients possibles pour se suicider.
Cette petite entreprise familiale prospère dans la tristesse et l’humeur sombre jusqu’au jour abominable où surgit un adversaire impitoyable : la joie de vivre.

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