Un cadavre dans la bibliothèque / Agatha Christie. Nouvelle traduction de Jean-Michel Alamagny. Editions France Loisirs, 2007. 260 pages [(c) 1941]
Le colonel Bentry est vexé et furieux. Quelle idée a eu cette jeune fille, inconnue de lui, de venir se faire assassiner dans sa bibliothèque ! En plus, ell est vêtue d’une toilette tape-à- l’oeil du plus mauvais goût, tout à fait déplacée dans la bibliothèque aristocratique du manoir ! Vraiment, quel manque de savoir-vivre ! Et quelle cruelle énigme pour la police. Heureusement Miss Marple n’est pas loin.

Comme elle le dit elle-même dans sa préface, A. Christie  a longtemps souhaité créer un roman mêlant une bibliothèque « archibanale et conventionnelle » et un cadavre  » complètement extravagant et [faisant] sensation ».   Voici les 2 éléments fondamentaux de cette histoire qui rapidement va prendre place dans d’autres lieux et, notamment, dans l’hôtel Majestic, qui se trouve dans le Comté voisin de celui où fut découvert la victime.
Toujours habile par sa plume et ses personnages, A. Christie nous entraîne dans deux mondes distincts qui néanmoins se mélangent pour les loisirs (la victime est danseuse dans l’hôtel) et les suspects sont successivement un jeune homme du village, un autre résident à l’hôtel, le professeur de tennis également danseur en duo de ladite jeune femme et les beaux-enfants d’un vieillard paralysé : Conway Jefferson qui n’était pas insensible (en tout bien tout honneur) au charme-gamineries de la victime : Ruby Keene.
Bref rien ne semble vraiment simple dans cette histoire. Et pourquoi cette jeune femme est-elle retrouvée morte dans la bibliothèque du Colonel Bentry et de son épouse alors qu’il ne semble exister aucun lien entre eux ? Les officiers de la police locale sont perdus. Dolly Bantry rapidement consciente de l’impact de ce cadavre dans les commérages et du devenir de son couple dans la bonne société, appelle sa vieille amie Miss Marple à la rescousse, tandis que Mr Jefferson requiert de son côté un ami, ancien de Scotland Yard. L’urgence grandit lorsqu’un deuxième cadavre est découvert… L’équipe n’est pas de trop, mais notre fine mouche a déjà trouvé le fautif. Reste à apporter les preuves à la police afin que tous les masques tombent et que la vie puisse se poursuivre.

En s’attaquant à certains clichés, Agata Christie écrit nénamoins un épisode relativement classique dans les histoires de Miss Marple.
Sourire en coin lorsque le « petit fils » de Mr Jefferson, accroc de lectures policières citent à son panthéon, puisqu’il détient entre autre un autographe d’elle, notre illustre auteur.
Une agréable lecture, et j’avoue avoir tourné autour du pot sans trouver les coupables tant les personnages nous mènent en bateau.

A l’hôtel Bertram / Agatha Christie. Nouvelle traduction d’Elise Champon . Editions France Loisirs, 2007. 315 pages – [(c) 1965]
Très classe l’hôtel Bertram, les muffins y sont délicieux, le thé exquis et le personnel stylé. Pourtant, on y disparait facilement. Voyez ce pauvre chanoine Pennyfather…. Et puis, comme c’est surprenant, cette jeune fille, Elvira, qui s’est amourachée d’un pilote de course peu recommandable. Non finalement, tout ne tourne pas rond dans l’hôtel Bertram…

Moins présents que dans le précédent opus, les décès vont se succèder dans les dernières pages de ce volume où nous retrouvons Miss Arple qui effectue une sorte de pélerinage à Londres, grâce à la générosité de ses neveux et nièces.  Et dans cette escapade londonienne, l’hôtel Bertram où elle séjournait jeune fille occupe une place particulière. Etrange hôtel où le temps semble s’être arrêté dans l’Angleterre d’Edouard VII, en dépit d’un niveau de confort propre à attirer quelques riches américains ainsi que de vieilles ladies. Tout comme Miss Arple, l’inspecteur-chef Davy de Scotland Yard, dit l’Ancêtre, sous son apparente bonhomie se montre rusé, observateur  ; tous deux se retrouvent des alliés de choix dans cette affaire où ce qui semble n’est pas forcément la réalité. A commencer par ce hôtel, lieu qui leur paraît à tous deux trop beau pour être honnête.
En l’absence de meurtres ce sont des cambriolages exécutés par une bande fort bien organisée qui interpelle Scotland Yard, et que nous suivons en filigrane pendant les escapades touristiques de Miss Arple. En dépit d’un emploi du temps très « superficiel » elle trouve le moyen de croiser la route d’une mère, Lady Sedgwick, puis de sa fille l’une et l’autre accompagnées d’un pilote de course : Ladislaus Malinovski.
A force de vouloir voir derrière le miroir et grâce à la présence bien involontaire du chanoine Pennyfather, plus souvent qu’à son tour dans la lune, les fils de cette si belle tapisserie commencent à s’effilocher avant de tomber.
Vu le nombre d’intrigues parallèles, le lecteur tout en connaissant bien l’écrivain se demande où elle va nous entraîner. Possédant tous les éléments la chute nous semble assez évidente, mais quelques subtils rebondissements viennent néanmoins agrémenter la lecture.

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